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horloge à retardement

Publié le 24 juin 2008 par Ethiqueemois

Un entretien avec Annie Bachelot (psychosociologue à l’INSERM) sur la Fécondation In Vitro (FIV) publié par Le Monde m’a fait réagir et me voici plongée dans des considérations fertiles…

La FIV, ou bébé éprouvette, consiste à procéder à la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde en dehors du corps de la femme. L’ovule fécondé est ensuite implanté dans l’utérus de la femme en vue d’une grossesse classique.

Grande avancée quand une femme sans enfant est vue (et se vit potentiellement) comme une femme non accomplie.

Une difficulté que peut soulever la FIV est l’entrée en jeu d’une tierce personne (le médecin) dans l’acte de procréation. Il ne s’agit plus vraiment d’un acte intime entre deux personnes qui s’aiment, mais d’une intervention médicale.

Pour ma part, à la question de possibles problèmes de fertilité que je pourrais rencontrer, j’ai toujours répondu “adoption”. Pas plus facile niveau nombre de tierces personnes impliquées… Mais réponse facile quand on est jeune et pas encore torturée des hormones.

Ici, en Italie du Nord, le problème est absolument terrifiant. Voici la situation : la plupart des jeunes italiens font des études jusqu’à 28-29 ans (pour un Master). Les premiers emplois sont très peu rémunérés, donc ils restent vivre chez leurs parents (ou alors est-ce l’inverse ?). Certains finissent quand même par se marier et acheter un appartement. Rembourser le prêt n’est pas forcément compatible avec avoir un enfant. Les contrats précaires proposés aux jeunes en Italie ne permettent pas très sérieusement aux jeunes femmes de faire un enfant avant la fin du CDD ou du contrat d’intérim. Conclusion : sur mes 6 collègues femmes de 26 à 47 ans, une seulement a des enfants (2). Une autre collègue a 36 ans, est en contrat précaire, rêverait d’avoir un enfant. Mais quand elle regarde l’horloge biologique qui tourne, elle voit aussi les 3h de transports en commun quotidiennes, tic tac tic tac, les trois mois renouvelables de contrat d’interim, tic tac tic tac. Et même la FIV n’y fera rien puisqu’elle est elle aussi soumise à la terrible horloge. Pourtant elle a l’air toute jeune, pas du tout périmée.

Je commence à comprendre tout doucement les difficultés psychologiques que pourrait rencontrer une femme sans enfants dans une société où l’on n’est pas vraiment une femme tant que l’on n’est pas mère…


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