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Des villes utopistes et des citoyens qui se bougent

Publié le 31 août 2008 par Nathalie Jouat

On a déjà parlé des éco-quartiers. Vous savez, ces bouts de ville qui ont décidé de miser sur le développement durable par le biais d’infrastructures (éco bâtiments avec panneaux solaires et récupérateurs d’eau de pluies) ou d’initiatives collectives (potagers collectifs, tri poussé à l’extrême, marchés de produits locaux) au quotidien . Hier, un article dans Metro présentait Totnes, une ville en Angleterre qui a décidé d’aller carrément plus loin en proposant tout un système monétaire alternatif et une vrai prise en main de leur quotidien.

Cette ville du Sud de l’Angleterre a semble-t-il toujours gardé des habitudes proches de la nature, un peu hippies (ça me fait penser au village de Nimbin en Australie lol ). C’est Rob Hopkins, un brillant Anglais, qui, prenant conscience du futur « peak oil » (le point de non retour où l’on consommera plus de pétrole qu’on ne pourra en extraire) a décidé de passer à l’action pour de vrai en lançant le concept de « transition » dans la ville de Totnes (et dans plein d’autres villes d’ailleurs). Les habitants jouent le jeu et consomment local et bio, s’adonnent au troc et ont même lancé leur monnaie locale, qui circule à présent à plus de 6000 livres sterlings de valeur dans la ville de 9000 habitants.

Les touristes ont l’air ravis, j’avoue que j’irais bien jeter un œil à ce style de vie alternatif. Une des idées qui m’a le plus marqué c’est celle de transformer les pots de fleurs municipaux en mini potager. Imaginez qu’à la place de géraniums et de marguerites nous plantions des choux et des carottes sur les ronds points ? Pas bêtes !

En fouillant sur le net à la recherche de ces infos, j’ai découvert que Totnes n’est pas la première ni la seule ville à mettre en place la monnaie alternative, ou monnaie sociale. Savez-vous que même en France, ça existe ? A Paris il y a des groupes qui ont l’air de se réunir assez régulièrement, mais c’est plutôt en province que ça fonctionne.  Notons que ces échanges, tout comme la création d’une monnaie alternative se base sur la confiance, sur l’envie de jouer le jeu et sur l’usage régulier des crédits (on ne va pas épargner ces crédits qui perdraient alors de leur sens).La monnaie locale c’est bien pratique car si vous avez déjà fait du troc, vous saurez combien c’est dur de trouver une opportunité entre ce que l’on a et ce que l’on souhaite trouver.

Un exemple de monnaie sociale mis en place à le suite d’une période de troc réussie a eu lieu en Argentine après les nombreuses crises économiques du début des années 2000. Les habitants qui en avaient ras le bol de cette situation ont commencé à créé des « clubs de troc », rejoints par bientôt 2 millions de personnes. Vous imaginez tous les biens et services qui se sont échangés ? De quoi rendre fou l’état … Les Argentins se sont ensuite essayés au « Credito », une monnaie sociale qui a malheureusement échouée à cause de la contrefaçon qui a plombé le système. On en revient rapidement aux mêmes problèmes qu’avec la vraie monnaie… Un manque de confiance, c’est ce que je vous disais !

Tout ça me rappelle un passage d’un livre vraiment sympa : Cul de Sac. L’histoire d’un pauvre garçon qui se retrouve coincé par une nana dans une village d’une trentaine d’habitants au milieu du bush australien, fonctionnant eux aussi avec une monnaie parallèle genre tickets de tombolas distribués aux habitants en récompense de leur travail pour la communauté en début de semaine, et qui change de couleur la semaine suivante : pas de richesse accumulée. C’est une façon de voir les choses, je trouve cela très intéressant.  Lisez le livre pour connaître le dénouement ;-)


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