Magazine Environnement

Mobilité: le produit, l’usage, le service # 3

Publié le 02 septembre 2008 par Anne-Sophie

Dans les deux articles précédents, les notions de produit et d’usage ont été interrogées (cf. réflexion sur le produit, puis celle sur l’usage). Aujourd’hui il s’agit de voir la dimension de service. La mobilité ne devient-elle pas un service ?

Le service

Par-delà ces règles nouvelles d’usage personnel, c’est aussi la définition du lien de propriété avec le véhicule qui doit être considéré. Une voiture est-elle un bien ou un outil ? Peut-elle demeurer un espace privé permanent, c’est-à-dire une prolongation du logement ou doit-elle être considérée comme un accessoire de mobilité collectif à usage individuel ? Cette redéfinition du véhicule favorise la multiplication et l’optimisation des usages, ce qui fait passer le véhicule de la sphère du produit à celle du service. Il ne s’agit plus de conduire un véhicule, mais plutôt d’aller d’un point A à un point B.

Des véhicules en libre-service

Caisse Commune, Autolib’, Vélib’… autant de services qui voient le jour pour répondre à un besoin ponctuel de véhicule. Les citadins des plus grandes villes de France ont à leur disposition des flottes de véhicules pour des déplacements courts et occasionnels, accessibles 24h/ 24, 7J/ 7 en libre-service. Voilà la fin des contraintes de l’entretien, de l’assurance ou du stationnement de sa voiture. L’offre de voitures en libre-service permet à ces citadins de se passer de l’achat d’un véhicule et de bénéficier du principe d’efficacité optimum. L’autopartage se place comme un mode de circulation complémentaire aux transports publics, au vélo et au taxi.

Crédit Photo: Okigo, Caisse Commune, Mobizen, Autolib’

Le véhicule n’est plus qu’un moyen de transport qui sert un objectif de déplacement. Ces nouvelles offres de services de mobilité s’inscrivent dans une tendance lourde qui voit le développement des sociétés de location, sociétés issues pour certaines de l’univers des constructeurs automobiles (Hertz appartient à Ford, Citer anciennement à Citroën). On voit même des écoles mettre des services de mobilité à disposition de leurs élèves. On connaissait les services de ramassages scolaires, mais là certains établissements vont plus loin. C’est le cas du lycée de Monge à Chambéry, où 20 scooters, esolex et vélos électriques ont été mis à disposition des élèves et des enseignants moyennant quelques euros de frais de location.

Crédit Photo: la mobilité au lycée Monge

L’approche multimodale

Parallèlement à cela, l’approche multimodale du transport se développe. Il s’agit ici de combiner plusieurs modes de transports pour aller d’un point à un autre. Cela vaut autant pour les déplacements professionnels que personnels. Certaines entreprises optimisent leurs plans de déplacements en combinant le transport routier avec le transport par rail ou fluvial. Monoprix est un bon exemple : le distributeur parisien achemine 85 % des produits de « grand import » par voie fluviale réalisant ainsi une économie de 298 tonnes d’émission de gaz à effet de serre par an. En plus de quoi, Monoprix favorise le transport par rail pour les magasins parisiens, ce sont environ 185 000 tonnes de marchandises qui sont ainsi transportées, soit environ 15 % des volumes d’Ile de France.

Les particuliers, quant à eux, peuvent combiner l’usage de véhicules, ou encore de vélo avec les transports en commun. L’initiative Belge de la carte « Hypermobil » est très intéressante. L’objectif est de favoriser la mobilité durable et multimodale, la carte Hypermobil est un écopass, une sorte de passe-partout valide sur tous les réseaux de transports en commun en Belgique (THALYS et TGV compris), mais aussi auprès des sociétés de taxis et de car-sharing ainsi qu’auprès des agences de vente, de location ou de prêt de vélo.

Crédit Photo: Hypermobil, transport fluvial MEDAD

Avant de poser la question du produit, il est important de poser celle de l’usage qui modifie le rapport au produit comme vecteur d’un service. Si l’on suit cette logique, les constructeurs automobiles seront demain des architectes de la mobilité et non plus des techniciens de l’automobile. Ils ne vendront plus véhicules, mais bien de la mobilité.

++ Liens ++

  • Vélib’ : http://blog.velib.paris.fr/blog/
  • Autolib’ : http://www.autolib.fr/
  • Caisse Commune : http://www.caisse-commune.com/
  • Mobizen : http://mobizen.fr/
  • Okigo : http://www.okigo.com/index.php
  • Lycée Monge à Chambéry
  • Hypermobil : http://www.ecolo.be/dossier2006.hypermobil.php
  • Monoprix rapport DD - format PDF : http://www.monoprix.fr/Includes/Pdfs/Monoprix_RDD_2007.pdf

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Anne-Sophie 401 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte