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Avoir un bon copain

Publié le 02 septembre 2008 par Malesherbes

" Avoir un bon copain / Voilà c'qui y a d'meilleur au monde / Oui, car, un bon copain / C'est plus fidèle qu'une blonde " chantait Georges Guétary et, avant lui, en 1931, Henri Garat dans le film "Le chemin du Paradis". Voyons maintenant, à travers nos médias, ce qu'il en est en 2008.
Une cinquantaine de militants indépendantistes corses ont occupé "symboliquement et pacifiquement" samedi 30 août pendant une heure le jardin de la villa de l'acteur Christian Clavier à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), Le personnel avait prévenu par téléphone Christian Clavier, qui avait demandé à ses employés de servir des rafraîchissements aux manifestants. Ces derniers avaient passé quelque temps au bord de la piscine avant de repartir sans autres incidents.
" Il n'est pas question que tu payes pour notre amitié " aurait dit le Président de la République à l'acteur. Dominique Rossi, contrôleur général, coordinateur des services de sécurité intérieure (CSSI), police et gendarmerie, a été " relevé lundi de ses fonctions, et muté à l'IGPN (la police des polices)", en lien avec sa " gestion" de l'occupation samedi de la propriété de Christian Clavier à Porto-Vecchio, a-t-on appris mardi au ministère de l'Intérieur. Il convient de rappeler que M. Rossi aurait pu faire valoir ses droits à la retraite en avril mais il lui avait alors été demandé de rester dans ses fonctions.
Il y a bien eu la violation d'une propriété privée, qui est passible de poursuites, mais il est inexact de parler d'occupation. Le propre d'une occupation est qu'elle se prolonge. Lorsque la Wehrmacht s'est installée en France, elle y séjourné plus de quatre ans. Lorsque des salariés mécontents occupent leur usine, ils y restent, en séquestrant éventuellement des dirigeants.
" Aucun commentaire à faire à ce sujet, le gouvernement décide des fonctions des hauts-fonctionnaires et ne rend pas de comptes sur ces questions" , a déclaré le chef du gouvernement, en marge d'un déplacement consacré à la rentrée scolaire à Saint-Valéry-en-Caux (Seine-Maritime). Interrogé peu auparavant, l'Élysée n'avait pas souhaité non plus faire de commentaire. Toujours cette sempiternelle marque de flagornerie, " n'avait pas souhaité ". Cela ne le dispense pas de répondre. Je ne souhaite pas payer mes impôts et pourtant je les paie.
Le pire dans cette affaire, c'est que notre prince a si peu de sens politique qu'il ne mesure même pas ce que son attitude a d'indigne et n'imagine pas plus que, tant que les médias n'auront pas été complètement muselés, elle puisse déclencher la contestation. Maintenant, remontons un peu le temps.
Fin juin, après la fusillade au 3° RPMIa à Carcassonne, Nicolas Sarkozy déclarait : " Il y a eu des négligences inacceptables. Elles devront être sanctionnées [...] La réaction sera rapide et sévère [...] c'est toute la chaîne qui devra s'expliquer". Suite à ces propos, le général d'armée Bruno Cuche, chef d'état-major de l'Armée de terre, a présenté sa démission au président de la République. En a-t-il toujours été de même ? Remontons encore davantage le temps.
Le 27 octobre 2005, deux jeunes ont été électrocutés à Clichy-sous-Bois dans l'enceinte d'un transformateur EDF. Ce fut le point départ d'un mois d'émeutes, au cours duquel 126 policiers et gendarmes ont été blessés, plus de neuf mille véhicules brûlés, des dizaines d'édifices publics, écoles, gymnases, entrepôts, commerces et médiathèques incendiés.
Quel a été le sort du si efficace ministre de l'intérieur de l'époque ?


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