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VIEILLISSEMENT : Activité physique, les médecins devraient la prescrire et la surveiller !

Publié le 02 février 2025 par Santelog @santelog
L’objectif aujourd’hui en santé publique, et en regard du vieillissement des populations, n’est plus de vivre le plus longtemps possible mais de vivre vieux en bonne santé (Visuel Adobe Stock 306622122)

L’objectif aujourd’hui en santé publique, et en regard du vieillissement des populations, n’est plus de vivre le plus longtemps possible mais de vivre plus vieux en bonne santé. Cette équipe de médecins de l’Université Western (London, Ontario) réaffirme un bon vieux principe, cependant toujours suivi par une minorité de plus de 60 ans :

« Bougez plus, vieillissez bien »

et, surtout, alerte ses confrères, dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) : « Il ne faut plus hésiter à prescrire une activité physique adaptée aux patients plus âgés pour un vieillissement en bonne santé ».

L’activité physique prolonge-t-elle réellement la durée de vie en bonne santé ? Cette revue de la littérature réunit les nombreuses preuves qui soutiennent le rôle clé de l’activité physique dans la prévention ou la réduction des effets des maladies, en faveur d’un « bien-vieillir » et explique

comment prescrire les bons exercices aux patients âgés.

Le contexte impose de prendre rapidement des mesures : au moins une personne sur 5, dans les pays riches, sera âgée de 65 ans ou plus en 2025, et le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans devrait tripler au cours des 20 prochaines années. Cependant, toujours pour de nombreuses personnes, ces années supplémentaires ne signifient pas des années de santé.

Plus de 80 % des adultes ne respectent pas les recommandations en matière d’activité physique.

L’un des auteurs principaux, le Dr Jane Thornton, professeur agrégée de médecine à l’Université Western rappelle : « L’activité physique est l’un des moyens les plus importants, les plus simples et les plus accessibles de préserver ou d’améliorer l’autonomie fonctionnelle, notamment chez les personnes âgées fragiles, souffrant de sarcopénie, ou à risque accru de chute. Des niveaux plus élevés d’activité physique chez ces personnes âgées sont associés à des améliorations de la cognition, de la santé mentale et de la qualité de vie ».

L’étude, une méta-analyse d’études de grande envergure confirme ces affirmations et révèle que :

  • 150 minutes d’activité physique modérée chaque semaine réduisent de 31 % le risque de décès toutes causes ;
  • l’activité physique est un facteur majeur de bien-vieillir et peut aider à prévenir ou à réduire le risque de plus de 30 maladies chroniques, dont la maladie coronarienne, l’insuffisance cardiaque, le diabète de type 2, la bronchopneumopathie chronique obstructive, l’ostéoporose, la dépression, la démence et le cancer.
  • Parmi les bénéfices confirmés de l’activité physique :
  • la prévention de la mortalité prématurée toutes causes ;
  • la prévention des chutes grâce à l’augmentation ou le maintien de la force musculaire et à un meilleur équilibre, donc la prévention de la fragilité, de la sarcopénie, de la perte d’autonomie ;
  • le maintien de la santé des os et des articulations, notamment amélioration de la densité osseuse et soulagement de certains symptômes de l’arthrose ;
  • l’amélioration des fonctions cognitives, de l’humeur et de la santé mentale ;
  • la capacité à participer à des activités quotidiennes, le maintien des interactions sociales et l’amélioration de la qualité de vie.

Quelle pratique pour les personnes âgées ? L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande 150 à 300 minutes par semaine d’activité physique modérée à intense pour les adultes, y compris les personnes âgées.

Quelle prescription pour les patients âgés ? Étant donné que de nombreux patients âgés souffrent de maladies chroniques ou de mobilité réduite, les cliniciens doivent adapter et encourager une approche progressive et adaptée de l’activité physique qui devrait inclure l’entraînement en résistance (renforcement musculaire) comme élément essentiel.

Les médecins devraient consigner leur prescription d’activité physique dans le dossier patient,

tel un critère essentiel à suivre au fil du temps.

L’activité physique est sous-utilisée et sous-prescrite comme intervention de santé. L’âge, la fragilité ou les déficiences fonctionnelles existantes ne doivent pas être considérés comme des contre-indications absolues à l’activité physique, mais plutôt comme des raisons essentielles de la prescrire, compte tenu de leurs avantages pour les personnes âgées.

Source: Canadian Medical Association Journal (CMAJ) 27 Jan, 2025 DOI: 10.1503/cmaj.231336 Move more, age well: prescribing physical activity for older adults

Équipe de rédaction Santélog Fév 2, 2025Admin

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