Youssef Daoudi plonge dans l’univers fascinant et complexe d’Orson Welles avec un traitement graphique original et dynamique. Cette BD ne se contente pas de retracer la vie du réalisateur, mais utilise pleinement les ressources de la narration elliptique pour offrir une lecture intense et immersive. À travers une succession d’images, de rushs et de fragments visuels, Youssef Daoudi parvient à illustrer non seulement le génie créatif de Welles, mais aussi ses luttes intérieures, sa mégalomanie et la solitude qui l’accompagnait.
Après avoir excellé au théâtre et à la radio, Orson Welles débarque avec fracas à Hollywood en 1941 avec Citizen Kane, un chef-d’œuvre instantané qui bouleverse le cinéma et redéfinit les règles du 7e art. Toutefois, très vite, la gloire et les attentes qui l’accompagnent se retournent contre lui. La célébrité précoce, son indépendance farouche et son sens aigu de la tragédie shakespearienne le placent dans des situations difficiles. Ses choix artistiques et sa volonté de ne jamais céder aux compromis vont le conduire à affronter de nombreux revers, tant personnels que professionnels.
Après avoir excellé au théâtre et à la radio, Welles débarque avec fracas à Hollywood en réalisant son premier long-métrage en 1941 : Citizen Kane, l’un des chefs d’œuvres du cinéma !
Le style graphique de Daoudi accentue cette dualité, avec des plans qui semblent parfois inachevés ou en cours de montage, comme une mise en abyme de la quête sans fin de perfection d’un créateur unique. La narration invite le lecteur à combler les vides, à ressentir l’impatience, l’ambition et les frustrations de Welles. L’utilisation du noir et blanc, ponctué de touches de jaune, rend hommage à l’iconographie du réalisateur, en particulier à sa silhouette marquante avec chapeau, cape et cigare, que l’on retrouve dans la série Magnum en arrière plan (Orson Welles est la voix de Robin Master, l’écrivain à succès).
Ce roman graphique n’est pas seulement un récit sur un artiste. C’est une exploration visuelle de la lutte intérieure d’un homme, obsédé par ses créations et prêt à tout pour les concrétiser. À travers cette œuvre, l’auteur nous présente Orson Welles non comme une victime, mais comme un créateur tourmenté, parfois incompris, mais inlassablement déterminé à atteindre ses rêves. Il s’agit d’un hommage vibrant à l’un des plus grands génies du cinéma, un homme dont l’héritage continue de marquer l’histoire du 7e art.
Une BD qui sort des sentiers battus et qui nous donne envie de nous replonger dans les films et les documentaires de Mister Welles.
Youssef Daoudi : De la publicité à la bande dessinée, un parcours passionné
Youssef Daoudi débute son parcours dans le domaine du cinéma avant de se tourner vers la direction artistique au sein de plusieurs agences de communication. Cette expérience lui permet d’explorer divers aspects de la publicité, du graphisme à l’écriture scénaristique, en passant par la réalisation de spots télévisés. Mais c’est dans la bande dessinée que réside sa véritable passion. À ses heures perdues, il s’exerce au dessin et, à la fin des années 90, publie ses premières illustrations sous le pseudonyme de Yozip. En 2003, il prend une décision radicale : se consacrer entièrement au dessin. Il envoie ses essais et attire l’attention de Philippe Bonifay, qui lui confie l’illustration de l’adaptation de la Trilogie Noire de Léo Malet. Grand amateur d’aviation, il crée ensuite Mayday, un thriller aéronautique publié chez Glénat. Mais c’est avec MONK qu’il se fait particulièrement remarquer, au point d’être nominé aux prestigieux Eisner Awards en 2019.
Un parcours marqué par la passion et la détermination, qui fait de Youssef Daoudi une figure incontournable du monde de la bande dessinée.
