
J’apprends à l’instant le décès du cher Hocine Zehouane, en lisant Le Matin d’Algérie. Précisément une information concernant un hommage en préparation à Paris.
Je suis très attristé. Nous avons longtemps lutté ensemble au sein du FFS, de la LADDH et ailleurs, pour les droits fondamentaux de l’Homme. Nous nous rencontrions avec des amis comme feu Da el Mouhoub et d’autres dans des cafés de Belleville, dans les locaux du FFS de la rue Myrha, dans le 14° arrondissement de Paris, ou lors de meetings. J’avais un très grand respect pour ce militant de toujours. En 1960, à 25 ans il rejoint le Gouvernement provisoire. La première fois que je l’ai entendu, c’était lors du 1° Congrès du FFS à Alger, en 1991. Plutôt lors de la Convention nationale du FFS en novembre 1990.
BIENTOT ICI UNE Vidéo hommage à Hocine Zehouane :
Je retiendrai (parmi une foultitude de déclarations justes, visionnaires) cette réponse qu’il fit à un journaliste d’Algeria-Interface en septembre 2002 qui lui demandait son appréciation générale « de la situation des droits de l’homme en Algérie » Hocine Zehouane lui répondit ceci :
« Je ne me fais pas d’illusions. Je suis désespéré, et depuis longtemps… En février 1989, avant l’adoption de la Constitution, j’avais prévenu contre l’exubérant enthousiasme que pouvaient susciter certains bouillonnements et certaines gesticulations qui ont suivi les événements d’octobre 1988. J’avais écrit: ‘‘Je ne vois pas de lendemains qui chantent. Je vois des lendemains de sang’’. J’avais soutenu que les conditions d’une vraie rupture démocratique n’étaient pas réunies. Tout changement a un agent historique. Cet agent peut être une classe sociale, comme la bourgeoisie en Europe, ou un personnage charismatique… À la question: ‘‘Y a-t-il un agent historique d’une rupture démocratique?’’, ma réponse était: ‘‘Non’’. Je maintiens aujourd’hui la même conclusion. »
23 ans plus tard, parions qu’il aurait répété exactement les mêmes mots.

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Le Matin d'Algérie, mardi 25 mars 2025


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TSA, le 22 mars 2025
Hocine Zehouane, disparition d’un moudjahid et défenseur des libertés
Par Karim Kebir






