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SOPK : nouvelle piste thérapeutique contre l’infertilité

Publié le 11 avril 2025 par Soph75

Une nouvelle piste thérapeutique contre le SOPK pourrait enfin traiter les causes de l’infertilité féminine. Une avancée majeure révélée par l’Inserm.

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est l’une des premières causes d’infertilité féminine. Aujourd’hui, une nouvelle piste thérapeutique contre le SOPK offre un espoir inédit. Des chercheurs et chercheuses de l’Inserm, du CHU et de l’université de Lille viennent de franchir une étape majeure en réussissant à bloquer les symptômes du SOPK chez des souris grâce à un anticorps ciblant une hormone clé : l’AMH.

Nouvelle piste thérapeutique contre le SOPK : une avancée signée Inserm

Le SOPK touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Ce déséquilibre hormonal perturbe le cycle de l’ovulation, entraîne une surproduction d’androgènes, et se manifeste par une multitude de symptômes : absence de règles, acné, hyperpilosité, prise de poids, résistance à l’insuline, infertilité.

Si des traitements symptomatiques existent (contraceptifs, anti-androgènes, traitements de fertilité), aucun ne cible la cause réelle du syndrome. Et c’est précisément ce que l’équipe de Paolo Giacobini, directeur de recherche à l’Inserm, a voulu explorer :

« Nous avons réussi à empêcher l’apparition des symptômes du SOPK chez des souris, simplement en bloquant l’activité de l’AMH peu après leur naissance. »

Pourquoi cette nouvelle piste thérapeutique pourrait changer la prise en charge du SOPK

Pour comprendre l’origine du SOPK, les chercheurs ont analysé une phase hormonale cruciale : la mini-puberté. Cette période transitoire, qui survient peu après la naissance, est marquée par une poussée hormonale nécessaire à la maturation du système reproducteur.

« La mini-puberté est une phase transitoire essentielle pour le développement des fonctions reproductives. C’est une fenêtre critique durant laquelle l’exposition à des taux élevés d’AMH peut favoriser le développement ultérieur du SOPK », explique Paolo Giacobini.

Des souris ayant reçu des injections d’AMH pendant cette phase ont, à l’âge adulte, développé des symptômes comparables à ceux du SOPK : absence d’ovulation, troubles métaboliques, surpoids, infertilité.

Un anticorps pour bloquer l’activité de l’AMH

Face à ce constat, les chercheurs ont mis au point un anticorps nommé Ha13, capable de bloquer les récepteurs de l’hormone anti-Müllérienne (AMH). Ce traitement a été testé sur deux groupes de souris :

  • Celles traitées durant la mini-puberté, avant l’apparition des symptômes ;

  • Celles traitées à l’âge adulte, déjà atteintes de SOPK.

Les résultats sont remarquables :

  • Chez les premières, aucun symptôme du SOPK ne s’est développé.

  • Chez les secondes, les symptômes ont reculé de manière significative. Les cycles menstruels se sont normalisés, l’ovulation a repris, et les taux d’androgènes ont chuté.

« Administrés lors de la mini-puberté, ces bloqueurs d’hormone AMH ont eu un effet préventif : les souris du premier groupe n’ont pas développé les principaux symptômes du SOPK plus tard dans leur vie. Et chez les souris adultes qui en souffraient déjà, les anticorps ont permis de les faire reculer », précise Paolo Giacobini.

Vers un traitement du SOPK chez la femme ?

Cette nouvelle piste thérapeutique contre le SOPK pourrait-elle s’appliquer aux femmes ? Les chercheurs restent prudents, mais optimistes.

« En ce qui concerne les êtres humains, l’administration du traitement lors de la mini-puberté n’est pas possible dans l’immédiat, dans la mesure où le diagnostic du SOPK survient seulement après les premières règles », rappelle Paolo Giacobini.

En revanche, chez les femmes adultes, les anticorps ciblant le récepteur de l’AMH pourraient représenter une piste thérapeutique prometteuse pour réduire les troubles liés au SOPK, notamment l’infertilité, les troubles hormonaux et les déséquilibres métaboliques.

Un brevet a d’ores et déjà été déposé, et l’équipe projette de lancer des essais cliniques sur l’humain.

Ce qu’il faut retenir

  • Le SOPK est une pathologie hormonale touchant 10 % des femmes.

  • Il s’agit de l’une des principales causes d’infertilité féminine.

  • Une nouvelle piste thérapeutique ciblant l’hormone AMH a montré des résultats très prometteurs chez les souris.

  • Un anticorps (Ha13) pourrait permettre de prévenir et traiter les symptômes du SOPK.

  • Des essais cliniques humains sont attendus pour valider cette approche.

FAQ – SOPK et traitements : ce que vous devez savoir

Qu’est-ce que le SOPK ?

Le syndrome des ovaires polykystiques est un trouble hormonal fréquent chez les femmes, caractérisé par des cycles irréguliers, une hyperandrogénie et des ovaires contenant de multiples follicules immatures.

Le SOPK cause-t-il l’infertilité ?

Oui. Le SOPK est la première cause d’infertilité d’origine ovulatoire, en perturbant la libération régulière des ovules.

Existe-t-il un traitement curatif ?

Actuellement, les traitements visent à réduire les symptômes (acné, infertilité, pilosité), mais ne soignent pas la cause. La nouvelle piste thérapeutique développée par l’Inserm vise, elle, à traiter l’origine hormonale du SOPK.

Que sont les anticorps anti-AMH ?

Il s’agit d’un traitement expérimental qui bloque l’action de l’hormone anti-Müllérienne (AMH), impliquée dans le développement du SOPK, afin de prévenir ou inverser les symptômes.

Sophie Madoun

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