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Témoignages et retours d’expérience sur les effets du courant galvanique en construction et assemblage

Publié le 23 mai 2025 par Michele Montagnon @Travailencouple

Le courant galvanique est une réalité bien connue des ingénieurs, mécanos et bricoleurs avertis : lorsqu’on associe deux métaux différents dans un environnement humide ou salin, il y a un risque de corrosion électrochimique. Ce phénomène est bien décrit dans les tableaux de potentiel électrique, mais rien ne vaut des retours d’expérience concrets pour comprendre ses implications sur le terrain.

Comprendre les bases de la corrosion galvanique

Avant de plonger dans les témoignages, un petit rappel : la corrosion galvanique survient lorsqu’un métal « moins noble » (au potentiel plus bas) se trouve en contact avec un métal « plus noble » dans un environnement conducteur (humide, salin…). Une pile se forme et le métal le plus réactif se dégrade.

Ce principe est utilisé volontairement, par exemple avec la galvanisation (zinc) pour protéger l’acier, mais il peut aussi poser problème dans les assemblages mécaniques non protégés.

Des cas concrets de corrosion galvanique sur le terrain

Guinioul (Grenoble) :
« En environnement peu salin et peu humide, je n’ai pas constaté de grippage entre inox (type 316L passivé) et laiton sur les rayons de roue, malgré ce qu’indique le tableau de corrosion. Ça fait 15 ans que ça tient sans souci ! »

Ce témoignage montre bien que l’environnement joue un rôle clé : dans un climat sec, les effets du couple galvanique peuvent être faibles à quasi inexistants.

Peugeobécane (Lyon) :
« La règle de base, c’est : évite les couples de métaux à case rouge ou orange dans les tableaux de compatibilité. Exemple courant : l’assoc acier/alu. Il vaut mieux intercaler un matériau neutre ou graisser. »

Pourquoi une pâte au cuivre ?

Guinioul :
« J’ai entendu qu’il fallait mettre de la pâte au cuivre entre acier et aluminium pour éviter le grippage… mais selon le tableau, ces couples ne sont pas forcément problématiques. Alors pourquoi ? »

J’ai moi-même rencontré ce dilemme dans mes interventions mécaniques : la pâte cuivrée, souvent utilisée dans l’automobile, est populaire grâce à ses propriétés anti-grippage surtout en conditions extrêmes (fortes températures, environnements salins). Cette pâte contient des particules métalliques qui assurent un film conducteur et protecteur même si la graisse s’évapore.

Faul (Nancy) :
« Le cuivre dans ces pâtes est justement là pour résister quand la graisse ne suffit plus, genre hautes températures ou pressions. Pour un vélo ? Peut-être un peu overkill… »

Les assemblages critiques : vélo, automobile et au-delà

Un sujet qui revient souvent : les pièces de vélo. Notamment les tiges de selle, les pédaliers, et autres interfaces alu/inox ou acier/inox.

MmeUke (Marseille) :
« Dans mes projets de photo sous-marine, j’utilise systématiquement du Tef-Gel pour isoler alu et inox. Même sur mes vélos, je l’applique sur les vis inox dans le cadre alu… J’habite près de la mer, l’air salin n’épargne rien ! »

Mon expérience personnelle

En tant qu’ingénieur, j’ai vu à plusieurs reprises des assemblages totalement soudés par corrosion galvanique. Un cas marquant : un coffret électrique en extérieur en aluminium, mal monté avec des vis acier zingué. Trois ans plus tard, impossible à démonter sans arracher le filetage, la corrosion avait tout « soudé ». Depuis, c’est visserie inox avec traitement anti-corrosion ou entretoises plastiques !

Anti grippage et corrosion : nuances importantes

Il y a souvent confusion entre prévenir le grippage mécanique et prévenir la corrosion galvanique. Une graisse classique empêche le contact entre les métaux mais pas forcément l’humidité ou l’oxygène…

Pol :
« ‘Seize’ en anglais, c’est grippage. Donc oui, la pâte cuivrée a un rôle anti-grippage avant tout, pas toujours anticorrosion pur. »

Et c’est là que certains produits spécialisés entrent en jeu : Tef-Gel, pâte au titane ou au zinc, selon les environnements et matériaux. De nombreuses marques comme Shimano proposent leur propre graisse de montage — souvent blanche, chargée en micro-particules techniques.

Recommandations pratiques basées sur les retours

  • Aluminium + acier : utiliser une pâte isolante (Tef-Gel, pâte au cuivre si sollicitations thermiques)
  • Inox + laiton : tolérable en environnement sec, sinon graissage ou isolant
  • Corps de roue libre, pédalier, tige de selle : prévoir une graisse spécialisée pour démontage futur
  • Véhicule ou bateau : attention extrême aux assemblages électroconducteurs

Enfin, comme le souligne bien Enjosas, certains constructeurs (Canyon en tête) livrent leurs vélos avec un tube de pâte spécifique… Ce n’est pas anodin !

Conclusion : l’expérience, meilleure enseignante

Ce que je retiens de ces échanges passionnants sur le forum, c’est qu’il n’y a pas de solution universelle. Chaque cas doit être réfléchi selon :

  • Les matériaux en présence
  • L’environnement (humidité, sel, température)
  • La durée de vie attendue de l’assemblage

Mais une vérité demeure : ignorer la corrosion galvanique, c’est prendre le risque de problèmes irréversibles… Et il vaut mieux protéger dès le départ que tenter de dégripper après !

Si vous voulez creuser davantage, n’hésitez pas à consulter mon article plus technique sur le fonctionnement du couple galvanique, avec schémas explicatifs et tableau de compatibilité des métaux.

Et vous ? Avez-vous eu des galères à cause d’un choix malheureux de métaux ? Partagez votre retour !

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