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Baba Traoré : une plaque à Joinville le 6 septembre

Publié le 05 septembre 2008 par Torapamavoa Torapamavoa Nicolas @torapamavoa

Le conseil représentatif des associations noires de France (Cran) et son président, Patrick Lozès, ont obtenu du conseil général du Val-de-Marne qu’une plaque soit apposée sur le pont de Joinville en hommage à Baba Traoré, décédé le 4 avril 2008.
La cérémonie est organisée le samedi 6 septembre à 11h à l’extrémité du pont de Joinville. La municipalité devrait être représentée.

Le conseil représentatif des associations noires de France (Cran) et son président, Patrick Lozès, ont obtenu du conseil général du Val-de-Marne qu’une plaque soit apposée sur le pont de Joinville en hommage à Baba Traoré, décédé le 4 avril 2008.
La cérémonie est organisée le samedi 6 septembre à 11h à l’extrémité du pont de Joinville. La municipalité devrait être représentée.
Je reprends ci-dessous l’article de Patrick Lozès (29.08.2008) qui explique le processus qui a conduit à la pose de cette plaque.
Baba Traoré sauvé des eaux de l’oubli pour devenir un symbole
4 avril 2008, gare de Joinville-le-Pont, un jeune homme de 29 ans, Baba Traoré présente sa carte de transport Navigo à des contrôleurs. Quoi de plus banal ? Sa carte est en règle, il va pouvoir poursuivre sa route...pas du tout. Baba Traoré n’avait pas de pièce d’identité. Quelques minutes plus tard il tombe dans la Marne et meurt par noyade dans une eau à 6°. La version officielle dira qu’il a présenté sa carte Navigo sans pièce d’identité. Je ne pense pas que l’on demande habituellement la présentation d’une pièce d’identité avec une carte Navigo valide. Pourquoi lui a-t-on demandé une pièce d’identité ? Une enquête dont les résultats ne sont pas encore connus, devrait le dire. J’ai été bouleversé par cette histoire. Je me suis renseigné plus avant. J’ai appris que Baba Traoré était un sportif émérite, on dit de lui qu’il était « très respectueux, sérieux, gentil ». J’ai été ému quand sa sœur Maïmouna m’a raconté qu’il était venu en France pour lui donner un rein et que, un mois à peine après l’opération il partait courir à l’aube et lui disait avec humour " Je ne suis pas malade, tu es la seule malade ici ! " Maïmouna Traoré raconte avec l’amour d’une soeur comment le repas du soir prêt, elle s’est spontanément mise à pleurer avec le pressentiment qu’il était arrivé malheur à Baba. La police qui frappera à sa porte quelques minutes plus tard ne la détrompera pas. Que pouvais-je faire, moi ? L’idée d’une plaque m’a été soufflée. Une plaque éphémère qui risquait d’être enlevée quelques heures plus tard ? Non, il fallait un symbole plus fort. Une plaque sur le pont même d’où il était tombé. Le fameux pont de Joinville. J’ai écrit au Maire (divers droite) de Joinville-le-Pont, Olivier Dosne, je lui ai dit le souhait du Cran d’apposer une plaque à la mémoire de Baba Traoré. Il m’a répondu qu’il comprenait la demande et m’a orienté vers le Conseil général (de gauche), l’autorité en charge du pont. Le président du Conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier et son efficace cabinet ont rapidement faire instruire le dossier. Nous sommes assez vite tombés d’accord sur le texte sobre qui devait figurer sur la plaque...quelques mots très simples. La cérémonie officielle de dévoilement de la plaque aura lieu le 6 septembre prochain à 11h, sur le pont de Joinville en présence des acteurs de cette ode républicaine au décès de Baba Traoré. "Plus jamais ça" dirons-nous collectivement. Que des élus de droite et de gauche, des militants associatifs, des résidents et des citoyens se soient tenus côte à côte pour ce projet de plaque commémorative, prouve bien que nous partageons le même idéal de fraternité et des droits humains. C’est cela la République dans ce qu’elle de plus merveilleux. Au final, c’est ça la France ! Pour moi, Baba Traoré est le symbole de l’absurdité des quotas d’expulsion, et de la violence des contrôles au faciès. Ce 6 septembre, je penserai à travers Baba Traoré à Chulan Zhan Lui, morte après s’être jetée d’une fenêtre de peur d’être expulsée vers la Chine, et à John Maïna, qui s’est pendu après le rejet définitif de sa demande d’asile. Deux exemples parmi tant d’autres.
Aujourd’hui Baba Traoré est en passe de devenir un symbole. Plusieurs reportages et/ou des films qui lui sont consacrés sont en préparation. Je suis particulièrement heureux qu’il ne tombe pas dans l’oubli. J’invite celles et ceux qui souhaitent lui rendre hommage à nous rejoindre samedi 6 septembre à 11h à l’extrémité du pont de Joinville, pour une cérémonie digne et respectueuse.
http://www.educationsansfrontieres.org/?article15144

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