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Le camp de refugiés de Mae La

Publié le 06 septembre 2008 par Tetedechat
Il y a deux semaine de cela, j'avais demandé à Chang One (adjoint du directeur de l'école) si il pouvait m'amener dans l'un des 9 camps de réfugiés birmans qui bordent la frontière. Une fois les autorisations demandé, nous voila parti en direction de Mae La, le plus peuplé de tout les camps.
Je m'imaginais voir de longs barbelés, sur fond de terre battue, avec pour seul toit, une sorte de grand entrepôt où des lits superposés s'entasserai
ent les uns sur les autres. Je pensais voir des mines décomposées, fatiguées, usées d'être enfermées la, peut-être 500 voir 1000 réfugiés vivraient la-bas (j'ai sans doute regardé trop de films...)... Et bien je suis vite redescendu sur terre!
D'abord ce n'est pas 500 à 1000 réfugiés, mais 100 000 à 150 000!!! Ensuite ils sont loin d'être malheureux, certes ils ont du fuir leur pays, mais ce camp n'est certainement pas une prison, croyez-moi! C'est un grand village, une "ville" serai le terme plus approprié. Ils sont libre d'en sortir quand ils le veulent, bien entendu la police thai rode, et la moindre vérification d'identité peut, ou vous ramener à la case départ, ou vous délaisser du peu d'argent que vous avez sur vous...
Mais à l'intérieur c'est une vraie civilisation, des quartiers, un marché, une église, un temple bouddhiste, une mosquée, des écoles, des petits restaurants, des coiffeurs et des milliers de maisons en bois, bref très loin de mon image pessimiste...
Tout le monde vit en harmonie, les musulmans avec les chr
étiens, et les hommes avec les... cochons. Chaque quartier est "sponsorisé" par une association, tout les pays y sont représentés, y compris notre chère France.

La cuisine est très proche de la cuisine indienne, faut dire que la frontière ouest de la Birmanie borde l'Inde et le Bangladesh.
Nous avons eu droit à un vrai festin (préparé par la femme d'un des professeur birman), nous avons ensuite passé la journée à flâner à travers la "ville", l'accueil fut très chaleureux, parfois on se sentaient mal à l'aise, car impossible de payer la moindre addition, chaque birman nous accompagnant: "offrait", et nous "les blancs" on se devaient de ne rien payer...
"Ne t'inquiètes pas" me dit Chang One, "Cela fait partie de nos traditi
ons, l'étranger est toujours le bienvenue", bienvenue ok, mais la, c'est presque de l'abus!
Quand les birmans traversent la frontière pour venir en Thaïlande, ils se doivent (normalement, et surtout: officiellement) d'aller dans l'un des ces camps. Apres ils peuvent demander une sorte d'asile politique (beaucoup de paperasses) et enfin doivent attendre qu'un pays comme l'Australie, les Etat-Unis ou même l'Europe veuillent bien les accueillir. Mais certains sont la depuis 15 ou 30 ans, et aucune nouvelle de leur futur destination...
C'est pour cela que beaucoup abandonnent l'idée, et partent à la conquête de la Thaïlande, ils s'installent à Mea Sot ou dans les environs, trouvent de travail (il en trouvent toujours, car c'est du pain béni pour les thaïlandais, de la main-d'œuvre pas chère!) puis avec un peu de bakchich par ici et un peu par la, il arrivent à "survivre". La vie sera de toute façon bien meilleure ici... Savez-vous que la nourriture de base est moins chère en Thaïlande qu'au Myanmar? Que toute la journée des bateaux font des va et viens entre les deux pays afin de ramener de la nourriture à bas prix? C'est quand même incroyable! Ils ont des salaires 10 à 50 fois inférieur, et la nourriture y est plus chère...
J'ai vu le sourire de tout ces enfants, j'ai vu la motivation de tout ces adolescents, j'ai vu la foi qui n'a pas quitté tout ces adultes, ce peuple mérite d'être libre (comme tout les peuples d'ailleurs...), les futures générations retourneront au pays, en tout cas c'est ce qu'ils me disent, et avec leur éducation et tout ce qu'ils ont apprit ici, ils retourneront le pouvoir totalitaire en place. Et bien c'est tout ce que je leur souhaite...

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