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Fc ffc

Publié le 15 juin 2008 par Fric Frac Club

Le FFC était l’indéniable favori de la compétition, grâce à sa combinaison de stars cabriolant comme des cabris, de petits jeunes aux surréelles échappées, de quelques vieux roublards casseurs de jambes, d’un gardien d’envergure scandinave et d’un maître tacticien, moustachu comme il se doit, arpentant les quelques mètres devant son banc avec la même intensité que Slothrop parcourait les rues de Londres et les casinos de la riviera.

Mais, tout comme la littérature, la physique et la magie, el futbol a du mal à devenir science exacte. Sans nous étendre sur les résultats passons directement aux constats. L’équipe, malheureusement, a quelques problèmes à faire face aux absents, que ce soit celles des blessés ou celles de ceux qui sont simplement ailleurs. Otarie, le jongleur fou, refuse de jouer. Moolz, le dribbleur de l’aile gauche qui allait tellement vite que ses adversaires voyaient huit jambes s’est fait écraser. Belane continue sa grève. La buse est probablement en train de penser retraite. Odot, quant à lui, ne manque pas à l’équipe : il est bien connu que les joueurs préfèrent se motiver prématch avec du Luther Vandross. Le pire sort est sans doute celui de L’ombre : on ne l’a plus vu depuis deux mois, lorsqu’il est sorti à la recherche d’un parapluie.

S’il n’y avait que les absences ! Même ainsi déforcé, le FFC devrait péter des flammes, détruire les startings blocks, déflorer le score, trouer les filets et chanter de plus en plus fort son hymne – surnommé, il faut le préciser, « la fessée ». Tout ça n’est que lointain souvenir ! Antonio, avant-centre autrefois vicieux, s’est laissé ensorceler par les étoiles de la ville lumière : il ne sait même plus ce qu’est un ballon. Claro, son compère de front de bandière, observe peut-être de trop près son adversaire (« alors il contrôle le ballon du gauche, le remet sur le droit, fait une pirouette, tourne la tête vers l’aile mais fait la passe de l’autre côté sans regarder ») histoire de recréer pareille magie. C’est très bien, mais une fois le ballon perdu, il court, crie « pourquoi, pourquoi ! » en s’arrachant le peu de cheveux qu’il lui reste. Lazare, meneur de jeu jusqu’ici exemplaire (toujours le premier à ouvrir les bouteilles les soirs de triomphe), a beau annoncer à qui veut l’entendre qu’il est de retour, on le retrouve plus souvent allongé sur la pelouse, au soleil, que debout à distribuer les bons ballons à ses immobiles avants – qui peuvent ainsi expliquer leur pauvre forme. El volante Pedro, petit mais énergique, rapide, vif, déroutant est le seul élément sur lequel il est encore possible de compter, bien qu’il voit tout en noir – on peut le comprendre. J.D.M est traditionnellement le métronome du onze de base mais reste malheureusement hypnotisé par les caméras alors qu’il devrait fixer son regard sur les jambes à casser et les ballons à relancer. En défense, Thomz n’arrête pas de dire qu’il est déçu, ce qui l’empêche de voir venir les fusées que ses adversaires sont sur le point de lancer. A l’arrière droit, Fausto, qu’on a mis là parce que c’est la position où il fera le moins de dégâts, regarde les femmes dans la tribune, qu’elles soient de l’est ou pas et, lorsqu’il ne sait les voir, rêve d’un transfert dans une équipe espagnole de Londres. Quelque chose doit lui échapper. Le libéro est toujours C. qui n’est malheureusement plus lui-même, trop occupé à entonner un compte-à-rebours vers l’élimination. Dans les buts, Bartleby n’essaye même pas d’intercepter les ballons qui, inéluctablement, franchissent la ligne : cinq postulats, aucune décision – gauche, droite, en hauteur, au sol : je préfèrerais ne pas être là semble être sa seule réponse.

Le seul effet positif ? Le coach, sur la touche, est sans doute sur le point de s’arracher la moustache. Le combat est inutile, c’est frustrant.


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