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Le samedi, c’est ravioli

Publié le 06 septembre 2008 par Magda

Bon, ça va bien comme ça, le métro parisien. Mes histoires de transports en commun vont finir par vous agacer, j’en suis certaine. Deux dernières toutes petites anecdotes quand même, parce que c’est samedi (et le samedi, je me fais un peu plaisir, why not).

La première histoire date de la nuit dernière. J’étais sur la ligne 4, plongée dans De Niro’s game de Rawi Hage, cadeau des éditions Denoël, dont je vous parlerai bientôt et qui tape tout à fait dans le mille en ce qui me concerne. Vous connaissez la triste rengaine des types qui font la manche dans le métro… eh bien, cette fois, c’est un homme encapuchonné qui se présente, un homme noir, tout sourire, qui décrète avec vigueur qu’il “nous importune parce qu’il a décidé de trouver la femme de sa vie”. “Bon, qu’est-ce que je peux dire?” s’écrie-t-il, “Je suis câlin, doux, marrant, et je fais très bien le truc. Cette dernière phrase fait l’effet d’un gaz hilarant parmi un groupe de péronnelles de quinze ans. “Je vais me promener parmi vous avec un cahier et si vous êtes intéressées, vous pourrez noter vos coordonnées dedans. Je veux me marier le plus vite possible”. Et le voilà qui déambule, sourire sous capuche, et fort bien accueilli par la gent féminine, à vrai dire. Ok, amis lecteurs, cette anecdote n’a rien à faire dans un blog sur la littérature, mis à part le fait que cela m’est arrivé quand je bouquinais. Mais on est samedi.

La deuxième anecdote remonte à l’une de ces journées vraiment entièrement merdiques de juin 2008, qui fut probablement l’une des périodes les plus Bridget Jonesques de mon existence (voire la seule). Il faisait chaud sur la ligne 5, mon jean me faisait l’impression d’être une peau de mammouth cloutée à mes cuisses, j’étais malheureuse comme on peut l’être parfois (pourquoi est-ce que je vis, qu’est-ce que la mort, personne ne m’aime, j’ai plus de papier-cul à la maison…). Et soudain a jailli un groupe de bargeots bariolés, tapant sur des tablas et des tambourins, sautillant et chantant “Hare Krishna” avec une joie de vivre assez revigorante. On se serait cru à Goa, si la Seine n’avait pas coulé sous le pont aérien. Avec leurs accoutrements hippie-extrêmes, ils balançaient de grands splashs de couleur éclatantes à travers tous les visages des voyageurs, qui se déridaient peu à peu. Je commençai à sautiller moi-même, arborant un sourire débile, si bien qu’à la fin, l’Indienne qui distribuait des fleurs à tout le monde m’a laissé taper dans le tambourin, comme on laisse un enfant taper sur les touches de la caisse au supermarché. Ça vaut bien une thérapie, et pour le prix d’un ticket de métro seulement.

Certes, quand l’Indienne à longue tresse piquée de jasmin m’a tendu leur carte, je me suis dit que, soit ils étaient barrés et que je n’y voyais aucun inconvénient, soit ils faisaient partie d’une secte de fous furieux, et que c’était une vitrine inoffensive dans laquelle je ne jetterai pas de pierre ce jour-là. Bon, cette anecdote n’a rien à voir avec la littérature non plus. Mais on est bientôt dimanche. Le dimanche, je me fais encore plus plaisir que le samedi.


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