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Homélie 23 T.O.A 2008: La question de notre examen final

Publié le 07 septembre 2008 par Walterman

Toutes les lettres de saint Paul dans le Nouveau Testament ont une structure semblable. Après une salutation initiale, il explique habituellement l'un ou l'autre aspect de la foi chrétienne. Ces explications sont une mine d'or pour la doctrine chrétienne, pour nous aider à pénétrer dans les mystères que Jésus nous a révélés au sujet de Dieu, du monde, de nous-mêmes. L'un des signes les plus dlairs de la présence du Saint Esprit dans l'Eglise est que ces enseignements sont restés solides tout au long des vingt siècles de l'exitence de l'Eglise. La profession de foi que nous proclamons chaque dimanche après l'homélie est un résumé de ce que Jésus a enseigné aux Douze Apôtres, et que saint Paul s'est tant dépensé à prêcher aux premières communautés chrétiennes, et que lui-même, saint Pierre et les autres martyrs cont cru si fermement qu'ils ont donné leur vie, plutôt que de la renier.
Mais saint Paul ne termine jamais ses lettres sans franchir une autre étape. Il fait la connexion entre ce que nous croyons et la manière dont nous devrions vivre. Ceux qui croient d'une manière et vivent d'une autre manière sont appelés des hypocrites. Saint Paul voudrait qu'aucun chrétien ne puissent vivre cette tragédie et cette misère de l'hypocrisie. Et c'est ainsi que après avoir exposé la doctrine chrétienne, il nous instruit dans la morale chrétienne.

La deuxième lecture de ce dimanche nous fournit l'un des plus beaux exemples de ces exhortations. Dans la première partie de la lettre aux Romains, saint Paul a expliqué la bonté de Dieu et son projet de salut. Et maintenant, dans la seconde partie, il explique comment nous, qui avons reçu ce projet, nous devrions répondre à la bonté de Dieu. Nous n'avons plus à nous soucier de cette multitude de prescriptions et de lois qui abondent dans l'Ancien Testament. Elles sont toutes résumées en une simple phrase : aime ton prochain comme toi-même. Voilà le coeur de la vie chrétienne, la voie de la perfection, la voie du Christ lui-même.

Mais qu'est-ce que cet amour chrétien ?

Jésus nous a donné un principe très clair, le principe de la croix. D'abord il nous a dit ce qu'est l'amour durant son dernier repas : "

"Il n'y a pas de plus grand amoour que de donner sa vie pour ses amis" (Jn 15, 13).

Ensuite il nous a montré ce qu'est l'amour chrétien en livrant sa vie sur la croix. Le crucifis, l'image au centre de toutes nos églises, est l'étalon de l'amour chrétien, un étalon si différent de ce que nous entendons dans la chansons d'amour à la radio ou que nous voyons au cinéma ou à la télévision. Cet amour-là est faux. C'est une marchandise, un objet de consommation. C'est tout au plus ce qu'on peut obtenir, mais non ce que nous pouvons donner.

La bienheureuse Mère Teresa expliquait l'amour déseintéressé, oblatif, chrétien un jour de 1994 à Washington aux responsables politiques :

"Il ne suffit pas de dire : 'J'aime Dieu' mais de ne pas aimer son prochain. Saint Jean dit que nous sommes des menteurs si vous dites aimer Dieu, alors que vous n'aimez pas votre prochain. Comment pouvez-vous aimer Dieu, que vous ne voyez pas, si vous n'aimez pas votre prochain que vous voyez, que vous touchez, avec qui vous vivez ? Il est important également de réaliser que l'amour, s'il est vrai, fait mal. Je dois être prêt à donner quoi que ce soit pour ne faire de mal à personne, et, en fait, pour leur faire du bien. Cela suppose que je sois prêt à donner jusqu'à me faire mal. Sinon, il n'y a pas de véritable amour en moi et je sème alors l'injustice, et non la paix, autour de moi."

Donner jusq'à ce que j'ai mal, comme le Christ, voilà ce que signifie aimer son prochain comme soi-même. Voilà notre mission.

En résumant ainsi notre vocation en tant qu'hommes et chrétiens, saint Paul nous a rendu un immense service. C'est comme s'il nous disait exactement quelle était la question à laquelle nous aurons à répondre lors de notre examen final : "As-tu aimé ton prochain comme toi-même ?" Nous savons ce qui est le plus important aux yeux de Jésus, notre créateur et notre sauveur, et nous connaissons donc le secret du sens de la vie, d'une vie accomplie sur cette terre et pour toujours dans l'éternité : aimer notre prochain comme nous-mêmes, prêtant autant d'attention aux autres qu'à nous-mêmes. Evidemment, c'est plus facile à dire qu'à faire.

Depuis le péché des origines, notre nature humaine déchue a une tendance très prononcée à l'égoïsme. L'escalade de la misère humaine découle des milliers de manifestations vairées de cette tendance.

L'Eglise nous donne deux excellents remèdes pour nous aider à remplir notre mission de dépasser cet égoïsme invétéré par l'amour qui nous rend conforme au Christ.

En premier lieu, elle nous procure la grâce de Dieu. Par la prière et les sacrements, la vie même du Christ est plantée et nourrie dans nos âmes, nous rendant capables ce que nous ne pourrions jamais faire par nous-mêmes : suivre son exemple d'amour héroïque. Comme l'eau et l'engrais dans le champ du cultivateur, la prière et les sacrements permettent à la vie même du Christ de grandir dans nos coeurs.

Deuxièmenent, l'Eglise nous donne une liste très claire de ce qu'on appelle traditionnellement les "oeuvres de miséricorde", c'est-à-dire les oeuvres du Christ que nous pouvons accomplir nous aussi pour aimer notre prochain.


Accomplir au moins une de ces oeuvres chaque jour est un excellent moyen pour se préparer à son examen final et pour vivre nos courtes vies en plénitude.


Quand nous communions au Corps et au Sang de Jésus, promettons-lui que durant cette semaine, nous ferons de notre mieux pour favoriser son action en nous.

Voir Catéchisme de l'Eglise Catholique 2447.


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