Les dernières informations venues de Cotonou lèvent un peu plus le voile sur le projet de putsch récemment déjoué au Bénin. Selon des révélations relayées par la presse africaine, les putschistes envisageaient de s’emparer de l’aéroport du pays afin de faciliter l’arrivée de troupes venues de Russie et du Niger, point de passage stratégique pour installer rapidement un rapport de force militaire en leur faveur. Cette hypothèse confirme la dimension régionale et internationale de la crise, dans un contexte où plusieurs États d’Afrique de l’Ouest sont déjà fragilisés par des coups d’État.
Autre élément sensible mis en avant les derniers jours la position du président togolais, Faure Gnassingbé. Ce dernier aurait cherché à ralentir une éventuelle réaction musclée de la CEDEAO en se présentant comme médiateur auprès des putschistes présumés. Officiellement, il s’agirait d’éviter une nouvelle escalade dans la sous-région, mais cette posture interroge sur l’équilibre délicat entre dialogue, fermeté et respect de l’ordre constitutionnel au Bénin.
Alors que l’enquête suit son cours, le pouvoir béninois veut afficher sa maîtrise de la situation et rassurer la population ainsi que ses partenaires. La CEDEAO, elle, se retrouve une nouvelle fois face à son dilemme habituel entre sanctions rapides contre toute prise de pouvoir par la force et recherche d’une solution politique négociée. Les prochaines semaines diront si ces révélations aboutiront à des poursuites supplémentaires et à un durcissement de la ligne régionale face aux projets de déstabilisation.
