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Adieu Soulayman - Itinéraire d'un imam salafiste, de Bruno Guillot

Publié le 29 décembre 2025 par Francisrichard @francisrichard
Adieu Soulayman - Itinéraire d'un imam salafiste, de Bruno Guillot

Bruno Guillot est né en 1986, le 18 décembre. Ses parents sont français, installés en Belgique. Aujourd'hui il vit en France, qu'il aime, qu'il aurait fallu qu'il déteste pour complaire à Allah.

Le sous-titre, Itinéraire d'un imam salafiste, résume bien ce livre, qui comprend 27 chapitres, y compris l'épilogue, 14 enseignements sur l'islam1, une postface de Rémi Brague, un glossaire.

L'intérêt de le lire?

  • Il raconte comment et pourquoi un jeune Français s'est converti à l'islam à 15 ans, puis l'a quitté à 32.
  • Il expose les principales caractéristiques de l'islam, par quelqu'un devenu expert en la matière.

Se sentant rejeté parce qu'un jour il est couvert d'eczéma, qu'il n'ose plus aller à l'école, qu'il a de mauvais résultats, Bruno doit renoncer au football qui était son échappatoire psychologique.

Dans le parc de Charleroi, il rencontre deux gamins marocains qui partagent [sa] passion du foot et qui n'ont de musulmans que le nom,fait la connaissance de leur famille, de deux grands frères.

Cette famille est chaleureuse, alors que la sienne, soi-disant catholique, ne l'est pas. Les grands frères sont musulmans, des vrais. Désespérant d'être aimé, il les imite sur bien des points.

Il les suit dans une librairie islamique à Bruxelles où il acquiert des livres d'Ahmed Deedatdont 80% de l'argumentaire a vocation à anéantir la doctrine chrétienne, puis va à la mosquée. 

Dans cette mosquée, il se convertit. Il lui a suffi de répéter ce qu'a dit l'imam algérien: J'atteste qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah. J'atteste que Mohamed est le messager d'Allah.

Après avoir annoncé sa conversion à ses parents et les avoir invités à faire de même, son père le prend mal, se reprend et lui dit qu'il peut faire ce qu'il veut à l'extérieur, mais pas à la maison.

Peu à peu, épris d'absolu, il se radicalise et devient salafiste, c'est-à-dire, comme le commande explicitement le Coran, il suit les premières générations de l'islam, autrement dit les salafs.

Sur les six ou sept mosquées de Charleroi, il n'y en a pas de salafiste. Qu'à cela ne tienne, il y en a une à Bruxelles où, devenu Soulayman2, il se rend avec son meilleur ami Boris, 17 ans.

Dans cette mosquée il comprend que, pour être un bon musulman, il lui faut apprendre l'arabe, en Égypte ou au Yémen, donc économiser pour le voyage, porter la barbe, trouver femme.

Sa femme sera Tania, la petite soeur de son ami Boris, jeune, jolie, ambitieuse dans l'islam. Ils se marieront au printemps 2006 avec l'accord du tuteur légal musulman qu'est son frère Boris.

Soulayman, Tania et leur fille Assia, née le 14 mars 2007, arriveront en Égypte, où il apprendra l'arabe. Son professeur, vu sa mémoire incroyable, l'incitera à apprendre le Coran par coeur.

Après un an passé en Égypte, la petite famille rentrera en Belgique, car Tania n'en peut plus: elle y accouchera d'un garçon, Issa, le 9 juin 2009. De là, avec Boris, il partira pour Médine.

À Médine, dès septembre il fera des études de théologie. Sa famille le rejoindra en janvier 2010, dans un bel appartement, financé par un riche saoudien qui veut obtenir les faveurs d'Allah...

Là-bas, après trois ans passés, il aura déchanté: l'Arabie Saoudite n'est pas la terre musulmane qu'il imaginait. Il apprendra que les jeunes y sont soit homosexuels 3, soit extrémistes exaltés.

Là-bas, comme il apprend mieux que quiconque l'arabe littéraire et qu'il est devenu un insigne érudit de l'islam, un cheik misera beaucoup sur lui pour qu'il développe l'islam en Occident...

Les années s'écoulent. Début 2014, son père meurt paisiblement après s'être converti ... au Christ. Lui et sa famille retournent en Belgique, puis séjournent un an au Maroc, où il enseigne.

De retour à Médine, à l'automne 2015, deux hommes demandent la main de sa fille, 8 ans. Indigné, il est tiraillé entre [sa] fidélité à Allah et le respect des règles morales apprises en Europe.

Diplôme en poche, il quitte sans regret l'Arabie Saoudite des mariages de prépubères, violente: il a assisté à la décapitation du violeur d'une fillette et à la section du bras d'un voleur...

Il retourne au Maroc pour en être éconduit en 2017 après que des attentats suicides se sont produits en 2016 en Belgique: lui qui aime tant l'islam et cette terre est soupçonné de terrorisme...

De retour en Belgique, il espère encore enseigner: il connaît le Coran par coeur, parle mieux l'arabe que les arabes. Il a pour objectif raisonnable de devenir l'imam officiel d'une mosquée.

À la lecture et relecture du Coran, de son livre préféré, La descente de Jésus et son combat contre l'Antéchrist, de Mohammed Khalil Harras, des quatre évangiles, l'incertitude le gagne.

En effet, il relève les incohérences des textes islamiques: Seize ans après ma conversion triomphante, je comprends que je n'ai plus aucune appartenance. Début 2018, il n'est plus musulman... 

Ceux qui lui manifestaient de l'amour et de l'intérêt, le menaceront de mort. Il aura obtenu des conversions en raison de la crainte de l'enfer et non pas en faveur de la miséricorde de Dieu.

Sa conclusion n'est guère heureuse: J'ai tout perdu en quittant l'islam: l'argent mis à ma disposition de façon illimitée, mes amis de longue date, la reconnaissance, le respect, ma femme.

Mais il ajoute: Et pourtant j'ai tout gagné. Je ne savais pas encore que Dieu avait un plan tout autre que celui minutieusement préparé pendant plus de dix ans et prendrait le doux nom de

Nour Al Aalam4

Francis Richard

1 - Très instructifs pour qui veut connaître l'islam.

2 - Ce qui signifie sainhomme de paix.

3 - La dot à payer pour se marier est hors de portée de la plupart des hommes. Ce qui favorise l'homosexualité masculine et... féminine.

4 - Lumière du monde.

N.B. Le livre est disponible sur Amazon.

Adieu Soulayman, Bruno Guillot, 256 pages, Nour Al Aalam (en collaboration avec Marie Bourgois)


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