Ces scientifiques de l’Université de médecine de Chongqing, révèlent que le stress maternel influence profondément le développement du nourrisson, « de l’utérus à sa venue au monde ». Cette revue de la littérature, publiée dans la revue Pediatric Discovery, décrypte les interactions entre les différents facteurs associés au stress maternel et au développement fœtal, avec des implications, en termes de prise en charge psychologique des jeunes mères.
Une prise en charge essentielle donc, alors que le stress maternel pendant la grossesse affecte profondément la croissance et la santé fœtales à long terme. Cette revue complète synthétise les preuves de la littérature, montrant qu’un taux élevé de cortisol, une connectivité cérébrale perturbée et une inflammation induite par le stress peuvent altérer la structure cérébrale, la fonction immunitaire et la programmation du développement du fœtus.
Le moment et le type d’exposition au stress, qu’il soit causé par une catastrophe naturelle ou l’anxiété chronique, déterminent des conséquences spécifiques telles que la prématurité, le faible poids de naissance et les troubles émotionnels. Ces effets, souvent médiés par l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) et des mécanismes épigénétiques, peuvent se prolonger à l’âge adulte, prédisposant la progéniture aux troubles mentaux et métaboliques.
L’urgence d’interventions pour réduire le stress maternel
- Le stress maternel, qui englobe la détresse physique, émotionnelle et psychologique, est fréquent, mais sous-estimé, pendant la grossesse. De précédentes recherches ont établi un lien entre le stress et une augmentation du taux de cortisol et
une signalisation anormale des neurotransmetteurs,
susceptibles d’interférer avec le développement cérébral du fœtus ;
- différents facteurs, dont les crises environnementales, les inégalités socio-économiques et les difficultés d’accès aux soins de santé aggravent encore ces risques, en particulier dans les régions aux ressources limitées.
Comment le stress maternel modifie la croissance fœtale et le développement cérébral : des données moléculaires, physiologiques et socioculturelles démontrent que le stress maternel active des changements hormonaux et épigénétiques qui peuvent persister de génération en génération, soulignant à nouveau l’importance des interventions en santé mentale maternelle.
L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) joue à l’évidence un rôle clé, en tant que système central de réponse au stress, lorsque des niveaux élevés de cortisol et de glucocorticoïdes traversent le placenta et perturbent des régions cérébrales fœtales telles que l’hippocampe et l’amygdale. Ces perturbations peuvent altérer à leur tour les fonctions cognitives, la régulation émotionnelle et, plus tard, la résilience au stress.
- Des études d’imagerie révèlent ainsi une diminution du volume de l’hippocampe gauche et une altération de la connectivité neuronale chez les nourrissons exposés à une forte anxiété prénatale. Plusieurs études ayant suivi les effets de catastrophes naturelles, montrent que les facteurs de stress aigus et chroniques modifient le développement, entraînant un poids de naissance plus faible, un périmètre crânien plus petit et une réactivité émotionnelle accrue.
- Au niveau moléculaire, le stress chronique modifie les profils de méthylation de l’ADN dans les gènes des récepteurs aux glucocorticoïdes (NR3C1), prédisposant la progéniture à l’anxiété et à la dépression.
- Un lien a également été établi entre le stress maternel et les fluctuations des taux de mortalité fœtale entre 2013 et 2023, renforçant ainsi
la dimension de santé publique du stress prénatal.
Pris ensemble, ces résultats des recherches publiées sur les effets du stress maternel, le représentent comme un problème à la fois biologique et sociétal nécessitant des interventions ciblées.
« Le stress maternel n’est pas seulement une expérience émotionnelle : c’est un signal physiologique qui façonne directement le développement du cerveau. Notre analyse souligne que le moment, l’intensité et le type d’exposition au stress peuvent laisser des empreintes moléculaires sur le fœtus, dont certaines persistent tout au long de la vie. Reconnaître ces effets nécessite un soutien systémique : soins de santé mentale, accès équitable aux services prénataux et politiques de protection des femmes enceintes, notamment en période de crise ».
On retiendra que la réduction du stress maternel est essentielle pour améliorer la santé maternelle et infantile. L’intégration de la réduction du stress par la pleine conscience, de la thérapie cognitivo-comportementale et d’un accompagnement tenant compte des traumatismes dans les soins prénatals pourrait atténuer les effets indésirables.
Source: Pediatric Discovery May, 2025 DOI: 10.1002/pdi3.70004 Comprehensive Review of the Impact of Maternal Stress on Fetal Development
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Équipe de rédaction Santélog Déc 30, 2025Admin
