- L'individu de sexe masculin, la cinquantaine environ, a été découvert dans la position assise, entièrement dévêtu, le corps en partie couvert de sang, les chevilles et les poignets liés à la chaise par du plastique serrant.
Ainsi commence la première constat' de la lieutenante Blanche Charon de la police judiciaire de Paris. Le reste? Une oeuvre d'art pas belle à voir, que l'on peut résumer par de multiples mutilations, faites sûrement Post mortem.
Blanche Charon fait partie avec les lieutenants Avonne et Laplace du groupe dirigé par la capitaine Isabelle Le Peletier, sous la direction de Bosquet. Elle s'est rendue sur les lieux après qu'un témoin, vivant en face, a signalé le meurtre.
Le procureur Monceau confie l'affaire à Le Peletier. Elle a huit jours devant elle pour la résoudre. C'est le délai de flagrance prévu par l'article 53 du Code de procédure pénale. Ce qui est court pour une affaire de cette complexité.
Le polar d'Olivier Tournut se déroule bien pendant huit jours. Vraisemblablement début 2017, puisque la Direction de la police judiciaire va quelques mois plus tard emménager dans de nouveaux locaux, 36 rue du Bastion à Paris 17.
Le lecteur a un avantage sur le groupe policier. Au cours du récit, il lit les pensées du meurtrier, reproduites en italiques. Mais cet avantage n'est toutefois pas déterminant pour connaître avant la fin son identité, qui est surprenante.
Comme en a l'intuition Charon, qui a travaillé auparavant à l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels, le lecteur relèvera que la toile laissée à proximité du cadavre a son importance pour la résolution de cet imbroglio.
Le meurtre a eu lieu dans un appartement vide. Charon a reconnu dans le tableau, qu'elle a emporté, un Van Gogh. Après recherches sur Internet, elle identifie cette toile, peinte en 1888: elle s'appelle Le Peintre sur la route de Tarascon.
Le lecteur relèvera également que, d'après un expert de sa connaissance, Marcel Bouvillier, Charon a la confirmation que le tableau est un faux. De son côté Le Peletier a appris que la victime, dûment identifiée, peint des tableaux...
L'enquête s'orientera donc vers un trafic de tableaux. Mais le lecteur ne sera pas au bout de ses surprises, sinon ce ne serait pas un bon polar, auquel a été décerné le Prix du Quai des Orfèvres 2025, où se trouvait la Direction de la PJ.
L'énigme se termine par une dernière péripétie. Certes elle est résolue, mais l'auteur laisse le lecteur dans l'incertitude sur le sort réservé à une lettre reçue par Le Peletier, interrompue qu'elle est par l'annonce d'une bonne nouvelle.
Francis Richard
Post mortem, Olivier Tournut, 408 pages, Fayard
