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Quel avenir pour les forfaits multi-stations ? (Deuxième partie)

Publié le 03 janvier 2026 par Go11

Si des hivers doux comme celui-ci deviennent la norme, les acheteurs de forfaits pourraient hésiter à renouveler leur abonnement, en particulier ceux qui ne skient que quelques jours par an. Parallèlement, les demandes de remboursement risquent d'augmenter, ce qui contraindrait les entreprises à assouplir leurs politique. Par conséquent, les tarifs seniors, locaux et des produits plus flexibles pourraient devenir sujets à négociation. 

La cession d'actifs est également tout à fait plausible : Vail, Alterra, Powdr et Boyne pourraient se séparer des stations de basse altitude ou chroniquement peu enneigées. C'est déjà le cas en Europe, où les remontées mécaniques abandonnées deviennent monnaie courante. À plus long terme, si le modèle survit, il devra se transformer considérablement. Il faut s'attendre à moins de petites stations ou de stations de basse altitude dans ces réseaux. 

Quel avenir pour forfaits multi-stations (Deuxième partie)Les investissements se concentreront uniquement sur les destinations de haute altitude, garantissant un enneigement suffisant. 

La production de neige artificielle restera difficile à réaliser dans un contexte de rendements décroissants, et l’eau va continuer de geler à 0 degré Celsius ! 

Des solutions plus efficaces pour l'ensemencement des nuages, grâce à l'intelligence artificielle, pourraient peut-être apporter une solution, mais je m'avance peut-être un peu trop ! 

Les hivers peu enneigés forceront-ils des concessions comme des forfaits seniors et super-seniors ? Si et quand les renouvellements diminuent, les opérateurs devront réagir. Historiquement, les sociétés de remontées mécaniques ne modifient leurs structures tarifaires que lorsqu'elles sont confrontées à une réaction négative du public et qu'elles anticipent une perte de revenus importante. Un mauvais hiver, ajouté à l'anxiété liée au changement climatique, pourrait justement exercer ce genre de pression. 

Je ne dis pas que le ski est condamné, mais il va se consolider, se stratifier, et prendra un visage différent. L’activité pourrait se maintenir à haute altitude, dans les zones plus froides, et se réduire partout ailleurs. Pour survivre, le modèle des stations multi-sites se concentrera autour d’un nombre réduit de destinations régulièrement bien enneigées. Ce sera en quelque sorte comme le secteur aérien, avec moins de compagnies, moins de trajets, mais d’importants enjeux. 

De plus, les stations de ski devront proposer de manière créative davantage d'activités génératrices de revenus en dehors du ski (luge, raquette, patinage, VTT d'hiver, écoles de conduite sur glace et autres activités). La tarification dynamique pourrait également remplacer le modèle « ski illimité ». À moins que le réchauffement climatique ne s'accélère de façon spectaculaire, le modèle des stations de ski accessible avec ces forfaits ne disparaîtra pas immédiatement, mais entrera dans une phase de contraction. 

Quel avenir pour forfaits multi-stations (Deuxième partie)Les grandes entreprises protégeront leurs actifs les plus rentables et se débarrasseront discrètement des moins performants. Et, de fait, un cycle de renouvellement plus lent pourrait enfin les contraindre à repenser leurs politiques rigides et à proposer des tarifs plus flexibles ou mieux adaptés. 

En somme, les 5 à 10 prochaines années pourraient bien être la période la plus transformatrice que l'industrie du ski ait connue depuis l'invention de la neige artificielle et des télésièges à grande vitesse. Je reste beaucoup moins optimiste que l’industrie qui reste dans un déni un peu forcé pas ses énormes investissements et son inaction !


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