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Lucile
Uchronie
Câlin
Ignorance
Dépendance
Énergie
— Celui qui a une conscience n’est pas vraiment libre
Fragile & lucide, il demeure
Bref!
J’avais un euro dans ma poche obtenu sans effort, elle avait un nourrisson dans les bras, un enfant assis par terre à sa gauche et un autre attendait la misère bien au chaud dans son ventre. Métro, c’est trop. J’ai lâché mon capital dans sa sébile. Depuis qq temps chuis à vif. On doit être hors saison. Une boule s’est formée dans ma gorge quand j’ai entendu son « Merci-euh » et son E prépausal. Ce E qui traine sur les « merci-euh » et les «bonjour-euh » est souvent rhétorique cependant elle était émotionnellement plus forte que moi car le rétrécissement soudain de ma glotte m’empêchait toute élocution hypothétique d’une conversation qui aboutirait sur un ticket resto.
J’ai honte du prix de mes bottes quand je vois des pieds nus.
Ce jour-là j’avais pris le métro. Eussè-je pris à droite rue d’Alésia que je tombais sur les deux sans dents sans logis en fauteuil à coté des pompiers de la caserne Plaisance. A gauche, c’était le mec allongé H 24 sur un matelas sous le pont de Vouillé.
C’est pas ma faute! J’ai fait tout qu'est-ce qu'on m’a dit de faire, j’ai voté à gauche, quelle gauche? Bin celle là, la gauche quoi
— Mouais, grisaille, goudron, nombrilisme, zermi moi j’ai quitté Paris!
— T’as raison, ailleurs c’est mieux
— T’es libre de faire selon ta conscience
— Celui qui a une conscience n’est pas vraiment libre
Nous étions dans l’entre deux de la philosophie de bistrot et des clichés à la con sur « L’éloge de la fuite » à fond les ballons au sud où se cache l’uchronie utopique de la victoire du bien sur le mâle
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