Ce biocapteur mis au point par des bioingénieurs de la Fundação de Amparo à Pesquisa do Estado de São Paulo (FAPESP) est capable d’identifier une protéine salivaire dont les niveaux anormaux ont liés à la dépression, à la schizophrénie et au trouble bipolaire. De là il n’y a qu’un pas, franchi ici dans la revue ACS Polymers, pour le développement d’un test de détection, salivaire.
Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS),
plus d’1 milliard de personnes vivent avec des troubles mentaux,
l’anxiété et la dépression étant les plus fréquents. La prévalence de ces troubles a augmenté dans tous les pays, touchant des personnes de tous âges et de tous niveaux de revenus.
Ce nouveau dispositif peu coûteux qui détecte rapidement les concentrations de la protéine BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau) pourrait changer la donne en matière de détection, de diagnostic et de suivi. Le biocapteur est à la fois portable et peu coûteux capable d’identifier rapidement une protéine dont les niveaux anormaux sont associés à des troubles psychiatriques tels que la dépression, la schizophrénie et le trouble bipolaire. Sa future commercialisation pourrait contribuer au dépistage précoce, essentiel pour le traitement et le suivi de ce groupe de patients.
Quid de faibles taux de BDNF ?
La littérature médicale et scientifique a déjà largement documenté ces faibles taux de BDNF comme impliqués dans certains troubles neurologiques et psychiatriques associés au déclin cognitif. La dépression fait partie de ces troubles. L’effet de cette protéine est rétabli par les antidépresseurs. Chez les personnes en bonne santé, le taux de BDNF est supérieur à 20 nanogrammes par millilitre (ng/mL), tandis que chez les personnes atteintes de trouble dépressif majeur (TDM), il est inférieur à 10 ou 12 ng/mL.
Ce biocapteur se compose d’une bandelette flexible munie d’électrodes qui, intégrée à un analyseur portable, analyse des gouttes de salive humaine.
En moins de 3 minutes, le biocapteur fournit la concentration de BDNF,
une protéine cruciale pour la croissance et le maintien des neurones et le développement des fonctions cérébrales, notamment l’apprentissage et la mémoire. La détection du BDNF repose sur la formation d’immunocomplexes anticorps-antigène, qui augmentent la résistance au transfert d’électrons à la surface du capteur. Cette formation est mesurée par spectroscopie d’impédance électrochimique, une technique utilisée pour étudier les processus se déroulant à l’interface entre une électrode et une solution.
L’étude démontre que le dispositif peut mesurer avec précision des concentrations extrêmement faibles de la protéine dans une large gamme de salives (de 10⁻²⁰ à 10⁻¹⁰ grammes par millilitre), jusqu’à des quantités minimales détectables (1,0 × 10⁻²⁰ grammes par millilitre).
L’un des auteurs principaux, Paulo Augusto Raymundo Pereira, chercheur à l’Institut de physique de São Carlos et de l’Agence FAPESP, conclut : « Peu de capteurs réalisent ce type d’analyse, et le nôtre se révèle le plus performant. Il permet de détecter un large spectre de concentrations, ce qui représente un excellent résultat du point de vue clinique. Des taux de protéines très bas peuvent constituer un signal d’alarme pour des maladies et des troubles psychiatriques. Par ailleurs, en détectant les évolutions du BDNF, il permet un meilleur suivi de l’évolution du patient et de sa réponse au traitement ».
Prochaine étape : il s’agira d’obtenir un brevet.
Source: ACS Polymers July, 2025 DOI: 10.1021/acspolymersau.5c00038 Low-Cost, Disposable Biosensor for Detection of the Brain-Derived Neurotrophic Factor Biomarker in Noninvasively Collected Saliva toward Diagnosis of Mental Disorders
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Équipe de rédaction Santélog Jan 7, 2026Admin
