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Dissolution française - La fin du macronisme, d'Olivier Marleix

Publié le 07 janvier 2026 par Francisrichard @francisrichard
Dissolution française - La fin du macronisme, d'Olivier Marleix

Ce livre d'Olivier Marleix est posthume et inédit

En effet cet homme politique français est mort le 7 juillet 2025. Ce jour-là, il y a tout juste six mois, il a été retrouvé pendu à son domicile d'Anet, en Eure-et-Loir. S'est-il agi d'un suicide? C'est la thèse retenue.

Il y a eu des précédents de mon vivant: Robert Boulin en 1979, Pierre Bérégovoy en 1993 ou François de Grossouvre en 1994, tous des hommes politiques sur la mort desquels plane encore un doute.

N'ayant pas connaissance du dossier, je ne me hasarderai cependant pas à mettre en cause la thèse du suicide, même si la lecture de son dernier livre pourrait me fait douter de la part d'un tel combattant politique...

Michel Barnier, dans sa préface, dit: Il y a dans tout être humain une part de mystère, d'ombre et de secret. L'éditeur, Thierry Billard, dans sa postface, trouve le rapport d'enquête on ne peut plus clair...

Ce dernier ajoute: Deux jours avant son suicide, Olivier Marleix m'a [...] retourné le fichier final, validant "99%" des modifications vues ensemble. Lisons-le comme le livre testament d'un amoureux de la France. 

Mais, auparavant, il n'est pas inutile de rappeler les grandes lignes de la carrière politique d'Olivier Marleix, fils lui-même d'un homme politique, Alain Marleix, telle qu'elle figure sur sa fiche de Wikipedia:

Ancien président de l'Union des jeunes pour le progrès, il est membre du parti Les Républicains, maire d'Anet de 2008 à 2017. Il est membre de plusieurs cabinets ministériels, en collectivités territoriales et conseiller à la présidence de la République sous le mandat de Nicolas Sarkozy. En 2012, il est élu député dans la 2ème circonscription d'Eure-et-Loir et est vice-président des Républicains. Il est président du groupe Les Républicains de l'Assemblée nationale de 2022 à 2024.

Le sous-titre du livre, La fin du macronisme, en précise le sujet. Ce sont les huit années de présidence d'Emmanuel Macron qui sont passées en revue et qui aboutissent, hélas, à la Dissolution française.

Dès 2018, Olivier Marleix a fait preuve d'indépendance en présidant une commission d'enquête sur la vente d'Alstom, d'Alcatel, de Technip, et en saisissant en 2019 le parquet de Paris. Car il avait été surpris:

Il y avaitd'étonnantes résonances entre les bénéficiaires de ces ventes [...] et la liste des financeurs du candidat Macron...

Juin 2022, il est de ceux pour lesquels il n'y a plus aucune raison de donner un blanc-seing au gouvernement pour prolonger indéfiniment [les] mesures prises pendant la Covid, portant atteinte aux libertés individuelles

De même revient-il sur le fiasco de l'électricité consécutif à la guerre en Ukraineà la fermeture du robinet du gaz russe, mais surtout à l'arrêt de nombreux réacteurs nucléaires, décision idéologique de François Hollande:

Le 22 juin 2023, la France adoptera une loi de relance du nucléaire, tournant le dos à dix années d'obscurantisme.

Quant à la réforme des retraites, il n'a jamais eu de doute sur la nécessité de reculer l'âge de départ à la retraite (La démographie et l'augmentation de l'espérance de vie nous y obligent) et l'accepte une fois amendée:

Mieux vaut une réforme raisonnable qui réussit qu'une réforme ambitieuse qui échoue.

Pendant ce temps-là Emmanuel Macron reste silencieux, ne s'engage pas, alors que, pour Olivier Marleix , la pérennité du système par répartition1 est en jeu: il laisse en effet Élisabeth Borne faire face seule.

Qu'il s'agisse de la réforme des retraites ou de l'assurance-chômage, ce qui le différencie de la macronie, c'est qu'il ne faut pas réformer pour faire plaisir aux marchés financiers mais dans l'intérêt des Français.

Le désordre règne en France: En dix ans, Dominique Bernard 2 est la 273e victime du terrorisme sur le sol français. Sans parler des meurtres commis par des personnes sous OQTF ou des violences urbaines:

Or depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, aucune loi pénale n'a été votée pour durcir notre droit. [...] Aucune politique pénitentiaire énergique n'est menée non plus.

Quant à l'inscription, le 4 mars 2024, de l'IVG dans la Constitution, voulue par Macron, il s'est battu pour la clause de conscience des soignants, pour que le sage équilibre voulu par Simone Veil ne soit pas rompu: 

La liberté de la femme l'emporte dans les premières semaines de sa grossesse et, par la suite (le délai de quatorze semaines), c'est la protection de l'enfant à naître 4

Quant à la loi sur le contrôle l'immigration, elle a été adoptée le 19 décembre 2023, non sans mal, sans que les voix du Rassemblement national soient déterminantes, mais elle a fait tanguer le camp présidentiel:

Face à la crise qui s'ouvre dans sa majorité, le président de la République intervient à la télévision le 20 décembre au soir. Une intervention qui est probablement le point culminant du "en même temps". D'un côté le chef de l'État salue l'adoption du texte comme étant "le bouclier qui nous manquait" mais pour calmer son aile gauche, il annonce de l'autre qu'il va saisir lui-même le Conseil constitutionnel. 

On connaît la suite donnée à cette saisine: Le 25 janvier 2024, le Conseil constitutionnel censure - c'est-à-dire supprime - trente-cinq des quatre-vingt-six articles du texte de loi. Soit plus d'un tiers. Ce qui est énorme

Le 8 janvier 2024, Élisabeth Borne a été remplacée par Gabriel Attal qui doit faire face à la crise agricole, de loin pas terminée aujourd'hui, et à celle de la dette, 1 000 milliards € supplémentaires depuis 2017:

Renoncement à la réduction des dépenses et du déficit dès 2017 grâce aux taux négatifs, ouverture de toutes les vannes, 12 milliards supplémentaires pour mettre un terme à la crise des gilets jaunes, explosion des contrats avec des sociétés privées dans les énergies renouvelables, cadeaux préélectoraux en 2022, dépenses Covid incontrôlées, bouclier énergétique dispendieux, plan de relance mal ciblé... Le bilan est désastreux.

La dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin 2024, au soir du résultat des élections européennes, par Emmanuel Macron, dont la popularité est faible, a, aux yeux d'Olivier Marleix, d'abord dissous le macronisme:

À deux ans et demi de la prochaine campagne présidentielle, avec un président de la République qui ne peut se représenter, une page s'est tournée.

Le lecteur comprend pourquoi Michel Barnier a préfacé l'ouvrage. Pour Olivier Marleix, le temps où il aura été premier ministre, du 5 septembre 2024 au 13 décembre 2024, reste comme une parenthèse enchantée:

Avec lui la politique redevint courtoise, humble, respectueuse.

Amer, il a beau jeu de souligner la lourde responsabilité d'Emmanuel Macron dans la montée électorale du Rassemblement national, qu'il met dans le même panier d'incompétences que la France insoumise.

Il fait également le reproche à Emmanuel Macron, d'avoir apporté sa contribution à l'effondrement de la classe moyenne, prémices de cette révolution qui vient, dont la mise en place des ZFE est un symbole:

Les ZFE réussissent l'exploit d'être tout à la fois une atteinte à la liberté (liberté de circulation), à l'égalité (devant les aides publiques) et à la fraternité (ne venez plus dans nos villes ... et tant pis pour vous si ce sont elles qui concentrent tous les services publics, hôpitaux, gares TGV, universités, etc.).

Ce réquisitoire, en bonne et due forme, s'achève sur le domaine réservé du président, celui de la politique étrangère, où Emmanuel Macron ne brille pas dans un monde où les paroles pèsent moins que les actes...

Selon Olivier Marleix il faudra bien reconstruire:

  • En réduisant le flux de l'immigration pour la rendre supportable pour l'unité de notre pays.
  • En renonçant à la compétition mondiale sans frein ni règles et à la redistribution pour la compenser.
  • En remettant l'État à sa place: L'État doit redevenir l'outil de la cohésion nationale, de l'égalité d'accès aux grands services publics partout et pour tous, pas un Léviathan étouffant et sclérosant qui décourage ou empêche l'individu, pas une administration kafkaïenne toujours prête à pousser plus loin des contrôles facilités désormais par l'intelligence artificielle.

Conclusion:

On aura beau élaborer avec les plus puissants cerveaux tous les programmes politiques que l'on veut, on n'interrompra pas la dissolution française en marche si, au préalable, on ne retrouve pas l'ambition collective d'une nation fraternelle. C'est ce qui m'anime et ce qui guide mes choix politiques.

Francis Richard

1 - À aucun moment, pourtant, il n'envisage de retraites par capitalisation, à introduire progressivement, que Jacques Garello et Georges Lane proposaient dans leur livre en trois volumes: Futur des retraites et retraites du futur il y a quelque dix-sept ans pour pallier les défauts de la répartition, ce qui fonctionne bien en Suisse: je peux en témoigner ayant été gérant d'une caisse de pension pendant huit ans.

2 - Professeur agrégé de lettres, blessé mortellement par un terroriste islamiste d'origine ingouche, le 13 octobre 2023, dans un lycée d'Arras.

3 - Obligation de quitter le territoire français: Philippine Lenoir de Carlan en a, entre autres, été victime le 20 septembre 2024.

4 - Pour ma part je suis hostile à l'avortement et défend le respect de la vie de l'être humain dès sa conception: son ADN est en effet complet dès la fécondation (voir La raison est pro-vie de Matthieu Lavagna).

5 - Zones à faible émission.

Dissolution française - La fin du macronisme, Olivier Marleix, 288 pages, Robert Laffont


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