La France coule comme le Titanic. S'il en était besoin, ce livre noir en administre la preuve, chiffres à l'appui, dans tous les domaines où l'État intervient.
La formule de Frédéric Bastiat - L'État, c'est la grande fiction par laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde - était prémonitoire.
En douze chapitres, l'auteur, Jean-Baptiste Léon, règle son compte à l'État français, dans toutes ses strates, pour sa calamiteuse gestion de l'argent public.
Quelques chiffres le confirment, ce qui dispense pas le lecteur, et électeur, français, de lire le volume, au risque de se faire du mal, mais c'est pour son bien:
- 1974 est l'année du dernier budget en équilibre: le déficit de 2024, 152,9 milliards €, représente 34,7% des dépenses, 443,4 milliards €.
- En 2025, il existe plus de 400 000 normes, 96 361 articles de loi, 77 codes juridiques.
- Les Français doivent se serrer la ceinture, mais, en 2024, l'Élysée a dépensé 123,3 millions €, le coût des déplacements d'Emmanuel Macron s'est élevé à 20,1 millions € et Madame Macron a coûté 316 980 €.
- La France compte 34 935 communes, 1 254 intercommunalités, 101 départements, 18 régions, 560 000 élus locaux.
- Fin 2023, la France compte 5,8 millions agents publics (6,4 millions avec les salariés des entreprises publiques), soit 22% de l'emploi total.
- L'éducation emploie, en 2023-2024, 1 211 900 personnes dont 851 600 enseignants (140 000 dans le privé) et 348 400 non-enseignants.
- Les dépenses de santé représente 11,52 % du PIB et le personnel non médical dans les hôpitaux représente, en 2021, 35% du total.
- Les dépenses sociales représentent 30,6 % du PIB.
- En 2023, les collectivités territoriales emploient 2 020 800 agents, dont 1 423 000 fonctionnaires, soit 34,6% du total des fonctionnaires.
- Le nombre d'éoliennes en service en 2024 s'élève à 9 719 sur terre (et 213 en mer): le facteur de charge en 2024 est de 21,8% de leur potentiel théorique sur l'année.
- Le groupe SNCF a, en 2024, un chiffre d'affaires de 43,4 milliards € et une dette de 24,8 milliards €; en 2023, il aura coûté 20,3 milliards € au contribuable et reçu une subvention de 3,2 milliards € pour son régime spécial de retraite.
- En 2013, la France a contribué à hauteur de 25,9 milliards € à l'UE, qui lui a versé 16,5 milliards €, dont 9,4 milliards pour la politique agricole commune.
Jean-Baptiste Léon, qui est le directeur des publications de Contribuables associés, ne se contente pas de constater, il propose d'engager une grande réforme:
- Transparence: Étendre sans délai la comptabilité d'entreprise pour toutes les administrations et publier chaque année un bilan consolidé vérifié et accessible à tous.
- Simplification: Réduire drastiquement le millefeuille territorial et l'enchevêtrement normatif.
- Gestion par les résultats: Rompre avec l'allocation automatique des moyens pour passer à des contrats de performance.
- Contrôle indépendant et contraignant1: Donner à la Cour des comptes un vrai pouvoir d'influence: ses recommandations doivent faire l'objet d'un suivi systématique, d'un débat parlementaire et de réponses obligatoires du gouvernement.
- Responsabilité politique et budgétaire: Rendre les responsables politiques et administratifs responsables de leurs décisions.
Conclusion:
En reprenant le contrôle de ses finances, en stoppant les gaspillages et en restaurant l'efficacité de l'action publique, la France ne fera pas que rassurer les contribuables et les détenteurs de sa dette publique. Elle restaurera aussi la confiance de ses citoyens, préservera ses services publics essentiels et libérera les moyens nécessaires pour réarmer l'investissement en faveur des véritables priorités du pays.
Francis Richard
1 - L'auteur dit beaucoup de bien du Contrôle fédéral des finances suisse, indépendant et efficace.
Le livre noir de l'argent public, Jean-Baptiste Léon, 264 pages, Hugo Doc
