Ce matin, je marche entre neige et rivière.
Un troglodyte, un couple de merle, un rouge-gorge, m'accompagnent. Les mésanges sont restées près des graines. Le pinson des arbres aussi.
La neige qui recouvre, qui ralentit, qui oblige à faire attention à chaque pas.
La rivière qui continue de couler, quoi qu’il arrive, sans bruit inutile, sans se justifier.
Entre les deux, il y a un rythme qui me parle profondément.
Apprendre à ralentir sans se figer.
Apprendre à laisser passer sans se dissoudre.
C’est peut-être là que se tient mon travail :
dans cette attention au corps, aux gestes simples, dans cette manière de rester présent à ce qui est là — sans forcer, sans expliquer trop vite, sans vouloir réparer.
La neige enseigne le silence.
La rivière enseigne la continuité.
Et entre les deux, il y a une place à habiter.
"Kabbalah - Jessica"
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