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AIDE MÉDICALE à MOURIR : Critères d’éligibilité au Canada

Publié le 14 janvier 2026 par Santelog @santelog
Comment les professionnels de la santé déterminent-ils, au Canada, l’éligibilité d’un patient à l’aide médicale à mourir ? (Visuel Fotolia 204852406)

Comment les professionnels de la santé déterminent-ils, au Canada, l’éligibilité d’un patient à l’aide médicale à mourir ? Le Canada, comme dans de nombreux domaines du soin nous aide à réfléchir, avec cet article publié dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ). L’article d’analyse, à lire par les professionnels concernés, propose une approche pour l’évaluation de cette admissibilité.

En 2021, le Canada a révisé sa législation sur l’aide médicale à mourir afin d’y inclure les personnes dont la mort naturelle n’est pas prévisible. Cela peut comprendre les patients atteints d’une maladie grave et incurable, ou d’un handicap, ou les patients, âgés par exemple, qui sont en déclin avancé et qui souffrent physiquement et/ou psychologiquement de manière irréversible. Ces patients peuvent être éligibles à une aide médicale à mourir comme les patients dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible.

L’étude est menée par entretiens avec 23 professionnels de santé qui évaluent cette éligibilité à l’aide médicale à mourir dans 4 provinces du Canada, dont 14 médecins et 9 infirmières cliniciennes. Ces participants ont apporté des descriptions nuancées du soin et de la rigueur qui caractérisent ces évaluations et de la façon dont ils prennent les décisions juridiques et morales complexes lors de l’examen d’une demande d’aide à mourir de la part de patients dont la mort naturelle n’est pas prévisible.

L’un des auteurs principaux, le Dr Barbara Pesut, professeur à l’École des sciences infirmières de l’Université de la Colombie-Britannique Okanagan, décrit ainsi, avec ses collègues,

un processus complexe visant à élaborer une compréhension commune de la législation

sur l’aide médicale à mourir dans ce cas de figure où la mort du patient n’est pas prévisible afin d’aboutir à une approche uniforme de cette évaluation de l’éligibilité.

Si ces professionnels possèdent « une pratique avancée » de cette évaluation, ils décrivent toujours un processus complexe sur les plans juridique et moral. La compréhension de la situation de vie du patient, de ses soutiens et de ses souhaits et de ses directives anticipées font bien entendu partie des éléments importants de l’évaluation à l’éligibilité.

« Les participants précisent tous mener leurs évaluations avec soin et rigueur, en adoptant une approche axée sur l’autonomie relationnelle, en déterminant la capacité du patient, en gérant la période d’évaluation de 90 jours et en communiquant la décision d’admissibilité. Tous les professionnels de la santé impliqués dans les soins aux personnes atteintes d’affections graves et incurables s’efforcent de

bien prendre en compte la souffrance des patients demandeurs »,

concluent les auteurs. En synthèse, si -au Canada- l’évaluateur doit confirmer la présence de souffrance, cette interprétation doit être influencée par les valeurs, les souhaits et les objectifs de soins des patients. Il s’agit d’une approche pragmatique qui doit répondre aux préoccupations des deux camps, le pour et le contre, dans le débat sur la souffrance et la fin de vie.

Source: Canadian Medical Association Journal (CMAJ) 12 Jan, 2025 DOI:10.1503/cmaj.251071 Assessors’ decision-making regarding applicant eligibility for Track 2 medical assistance in dying in Canada: a qualitative study (In Press) via AAAS 12 Jan, 2025 How do health care professionals determine eligibility for MAiD?

Équipe de rédaction Santélog Jan 14, 2026Admin

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