Alors que la génération Z atteint l'âge adulte, les institutions financières (comme, vraisemblablement, toutes les entreprises) commencent à s'intéresser aux spécificités de la suivante, baptisée « Alpha ». L'américaine USAA partage ainsi quelques caractéristiques distinctives de ces consommateurs en herbe dans leur rapport à l'argent.Naturellement, aux côtés du segment des seniors, la priorité des stratégies reste aujourd'hui focalisée sur les jeunes nés au tournant du siècle (entre 1997 et 2009, pour la définition qu'en retient la banque), qui constituent un des moteurs de l'économie à court et moyen terme. Cependant, ceux qui sont nés à partir de 2010, et se répartissent donc actuellement entre bambins et adolescents, font preuve d'une précocité susceptible d'inciter l'industrie à en prendre en compte les besoins sans tarder.
Du fait de la disparité de maturité entre les membres de cette catégorie, l'âge est un facteur déterminant dans certains aspects de la gestion de budget de ces individus… mais pas nécessairement ceux que l'on imaginerait. Il s'avère notamment que ceux qui ont maintenant 5 ou 6 ans disposent d'une réserve un peu plus élevée que leurs aînés (de 8 à 15%), parce qu'ils ont moins l'occasion de dépenser mais également en raison du réflexe de leurs parents de leur constituer un pécule lors l'épisode de la pandémie.
Un autre critère qui façonne de manière significative les comportements est lié aux parents. Les enfants de Générations X accumulent une épargne nettement supérieure (de 30%) et sont beaucoup moins enclins à puiser dedans, malgré un démarrage sur des bases identiques. En revanche, les rejetons de Milléniaux, plus exposés à ces usages dans leur famille, adoptent deux fois plus facilement les porte-monnaie mobiles, Zelle, CashApp et autres. Ce sont eux qui définiront les tendances à venir.
De façon générale, l'accès dès le plus jeune âge à des outils « digitaux » de pilotage de l'argent et au commerce à distance donne aux Générations Alpha une avance considérable sur leurs prédécesseurs quant à la définition de leurs habitudes avec l'argent et, par conséquent, leurs implications pour leur bien-être financier (même s'ils ne le formuleraient pas en ces termes). Les efforts d'éducation, que tous les parents prennent au sérieux, en principe, doivent donc être engagés de plus en plus tôt.
Il y a fort à parier que, comme leurs aïeuls avant eux, les adultes recherchent des solutions pour les accompagner dans leurs démarches pédagogiques, eux-mêmes se sentant désemparés face à des attitudes qui ne correspondent pas à leur vécu. Or les changements de comportement rendent plus ou moins caducs celles qui existent, en particulier dans leur capacité à s'adresser à des enfants déjà équipés d'outils financiers, parfois depuis longtemps. Qui alors s'attellera à répondre à ces attentes ?
