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Masturbation et santé de la prostate : ce que disent réellement les études

Publié le 18 janvier 2026 par Guillaume Frechin @LHommeTendance

C’est un sujet dont on parle peu, souvent à demi-mot, et presque jamais de façon claire :
la masturbation a-t-elle un impact sur la santé de la prostate ?

Pendant longtemps, j’ai entendu tout et son contraire.
Que l’éjaculation fréquente “épuisait” la prostate.
Qu’il fallait “se retenir” pour la préserver.

Ou, à l’inverse, qu’éjaculer régulièrement était bénéfique.

Comme souvent avec la sexualité masculine, le flou règne. J’ai donc voulu aller voir ce que disent réellement les études médicales, loin des croyances et des raccourcis.


Pourquoi la prostate est une source d’angoisse chez les hommes

La prostate est un organe discret, mais chargé symboliquement.
Elle est associée à :

  • la sexualité
  • la virilité
  • le vieillissement
  • et, surtout, au risque de cancer

À partir d’un certain âge, beaucoup d’hommes commencent à s’interroger, parfois en silence, sur la meilleure façon d’en prendre soin. Et la masturbation se retrouve rapidement au centre des interrogations.


Le rôle réel de la prostate dans l’éjaculation

Avant de parler de bienfaits ou de risques, un rappel s’impose.

La prostate :

  • produit une partie du liquide séminal
  • joue un rôle clé dans l’éjaculation
  • se contracte lors de l’orgasme

Autrement dit, l’éjaculation est l’un des mécanismes naturels de fonctionnement de la prostate. Ce n’est ni accessoire, ni anormal.


Éjaculation et santé prostatique : ce que montre la recherche

L’étude de référence sur le cancer de la prostate

L’une des études les plus citées sur le sujet a été publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Cette vaste étude de cohorte, menée sur plusieurs dizaines de milliers d’hommes, a observé que :

  • les hommes ayant une fréquence d’éjaculation plus élevée
  • présentaient un risque réduit de cancer de la prostate, comparativement à ceux ayant une fréquence plus faible

Les chercheurs évoquent notamment :

  • un possible effet de “nettoyage” des sécrétions prostatiques
  • une diminution de l’inflammation chronique

Il est important de préciser que l’étude inclut toutes les formes d’éjaculation, masturbation comprise.


Confirmation par d’autres travaux

Des recherches ultérieures, publiées notamment dans European Urology, vont dans le même sens :

  • aucune association négative entre éjaculation régulière et santé de la prostate
  • absence de preuve montrant qu’une masturbation fréquente serait délétère

À ce jour, aucune étude sérieuse ne montre que la masturbation nuit à la prostate.


Masturbation, inflammation et stagnation prostatique

Certains urologues avancent une hypothèse intéressante :
une activité éjaculatoire régulière pourrait contribuer à :

  • limiter la stagnation des sécrétions prostatiques
  • réduire certains phénomènes inflammatoires

Sans parler de “traitement”, on peut raisonnablement dire que l’éjaculation fait partie du fonctionnement physiologique normal de la prostate.


Pourquoi certains hommes pensent que la masturbation est mauvaise pour la prostate

Cette idée reçue repose souvent sur :

  • une confusion avec les troubles prostatiques liés à l’âge
  • une vision ancienne associant sexualité et usure du corps
  • une peur du “trop”, jamais clairement définie

Or, les troubles prostatiques bénins (comme l’hypertrophie bénigne) sont principalement liés :

  • à l’âge
  • aux hormones
  • à des facteurs génétiques

Pas à la masturbation.


Masturbation excessive : faut-il nuancer ?

Pour rester rigoureux, il faut être précis.

La masturbation, même fréquente, n’est pas un facteur de risque connu pour la prostate.
Cependant, comme toute pratique, elle peut devenir problématique lorsqu’elle :

  • s’inscrit dans une compulsion
  • génère de l’anxiété ou de la culpabilité
  • perturbe la vie quotidienne

Mais là encore, le problème n’est pas l’organe prostatique.
C’est le rapport psychologique à la sexualité.


Mon regard personnel sur la question

Avec le recul, j’ai réalisé que la peur autour de la prostate venait surtout :

  • du manque d’informations claires
  • de l’absence de discussions ouvertes entre hommes
  • de la confusion entre prévention médicale et contrôle moral

Savoir que la science est non seulement rassurante, mais parfois même encourageante, change radicalement le regard que l’on porte sur sa sexualité.


Ce que disent les études, en résumé

✔️ L’éjaculation fait partie du fonctionnement normal de la prostate
✔️ Les études de grande ampleur suggèrent un lien protecteur possible
✔️ Aucune preuve ne montre que la masturbation nuit à la prostate
✔️ Les facteurs de risque sont ailleurs : âge, génétique, hygiène de vie
✔️ La culpabilité et la peur reposent sur des croyances obsolètes

Pour replacer ces éléments dans une approche globale, je recommande la lecture de notre guide complet sur la masturbation masculine et ses effets réels :
https://www.lhommetendance.fr/masturbation-masculine-mythes-bienfaits-et-realite/


Conclusion

La masturbation n’est pas une menace pour la prostate.
Elle fait partie d’un fonctionnement physiologique normal, étudié et documenté par la médecine moderne.

Plutôt que de s’inquiéter inutilement, il est sans doute plus sain de :

  • s’informer
  • consulter quand c’est nécessaire
  • et cesser d’associer sexualité et danger imaginaire

La prostate mérite mieux que des mythes. Elle mérite des faits.


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