
Ce revirement a été au grand dam d'innombrables utilisateurs qui appréciaient la praticité et la simplicité de ce mode d’entrée, ainsi que des loueurs ayant un grand parc de matériel. On peut même dire que cela a probablement freiné la croissance du ski.
Probablement aveuglé par ses efforts pour lancer son propre ski, Salomon a manqué l'occasion de rester la marque dominante sur le marché des chaussures. À la fin des années 1980, les chaussures à entrée arrière étaient largement adoptées par une grande majorité de skieurs, et Salomon était considéré comme le leader du marché dans cette catégorie, notamment pour la conception de chaussures axées sur le confort et le coté pratique, donc celles que la grande majorité des skieurs recherchaient.
Lorsque le concept de la chaussure à entrée arrière est tombé en désuétude au début des années 1990, et que l'entreprise s'est empressée d'acquérir San Giorgio (un achat précipité d'une marque italienne de second rang fabriquant des chaussures à quatre boucles), Salomon a dû réapprendre à fabriquer ce type de chaussures, et par conséquent, est passé de leader à non compétitif, après le milieu des années 1990.
Ce fut l'un des déclins les plus spectaculaires de l'histoire des équipementiers de ski, bien qu'il n'ait jamais été quantifié publiquement. Le marché actuel des chaussures de ski est totalement fragmenté entre Lange, Tecnica, Nordica, Atomic, Dalbello et Salomon, aucune marque ne détenant une part de marché écrasante.
Certes, Salomon est redevenue une marque de chaussures respectée, notamment avec des modèles comme les X-Pro et S/Pro, mais n'a jamais retrouvé la position dominante qu'elle occupait à l'époque des chaussures à entrée arrière.
La marque est restée forte et a même connu une croissance dans d'autres catégories (skis, vêtements, chaussures et trail running), mais elle est désormais bien plus associée au trail running et aux chaussures de plein air qu'aux chaussures de ski. Un revirement surprenant pour un pionnier !
