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Embuscade

Publié le 09 septembre 2008 par Malesherbes
Notre ministre des armées est dans le vrai lorsqu’il déclare que 25 des 27 pays de l’UE sont au nombre des 39 nations participant à la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) commandée par l’OTAN en Afghanistan. Ce qu’il omet de préciser, c’est que six d’entre eux seulement sont des gros contributeurs. Sur la base d’un tableau arrêté au 10 juin 2008 sur le site opérationspaix.net, les effectifs sont les suivants : Royaume-Uni (8530), Allemagne (3370), Italie (2350), Pays-Bas (1770), France (1670), Pologne (1140). Précisons que depuis, la France a envoyé cet été 700 hommes en renfort. On trouve ensuite trois nations avec entre 500 et 1000 hommes, trois entre 250 et 500, six entre 100 et 250, quatre entre 50 et 100 et trois avec moins de dix hommes. Si l’on prend en compte les soldats envoyés par la France depuis juillet, on constate que son contingent est plus important que le total de ceux des seize pays disposant de moins de 500 hommes en Afghanistan.
Il me semble important de distinguer les participations symboliques des contributions effectives. Il est malhonnête d’avancer le nombre de 25 pays lorsqu’il serait plus opportun de parler d’un groupe de 9, dans lequel la France doit désormais occuper le 4° rang si ce n’est le 3°. Jusqu’ici, à l’exception du Royaume-Uni et des Pays-Bas, présents au Sud et à l’Est du pays (pour les Pays-Bas, dans la province de l’Oruzgan), les forces de l’UE menaient exclusivement des missions de stabilisation. Hervé Morin, dans ces conditions, pouvait prétendre que la France n’était pas là-bas en guerre. Mais, sauf erreur de ma part, ce n’est plus le cas actuellement, nos troupes ayant depuis été affectées à des secteurs plus exposés, avec d’autres missions.

Heureusement, ces temps sont révolus où un Nivelle pouvait faire envoyer des milliers d’hommes se faire tuer pour gagner l’espace de quelques jours une centaine de mètres de terrain, à seule fin d’accrocher les mots d’offensive victorieuse sur l’opération. Mais quand, à propos de l’embuscade où la France a subi les plus lourdes pertes humaines depuis des décennies, j’entends le général Puga parler d’un succès, j’ai tendance à dresser l’oreille. Bien qu’ayant servi sous les drapeaux, j’ai eu la bonne fortune de ne participer à ni à une guerre, ni à des opérations pudiquement appelées de pacification. Je ne me sens donc pas qualifié pour apprécier la validité d’une telle affirmation. Mais je me contenterai de poser quelques questions qui me semblent de bon sens.
Qu’est-ce que tendre une embuscade ? C’est déterminer où passera l’ennemi, ou la cible, et se cacher à proximité pour le surprendre. C’est d’ailleurs pour cette raison que les personnes qui se sentent menacées utilisent des itinéraires sans cesse renouvelés. Si les talibans ont pu tendre un piège à nos troupes, c’est qu’ils savaient où elles allaient passer. Disposaient-ils d’informateurs les ayant renseignés à l’avance ou de moyens d’observation leur permettant, la patrouille partie, d’anticiper son trajet ? Une fois cette connaissance acquise, l’ennemi doit poster les forces qui attendront l’adversaire. L’OTAN, responsable des opérations en Afghanistan, n’est-elle pas en mesure de lancer des missions de reconnaissance aérienne pour détecter de tels préparatifs ?
D’autre part, loin des pantalons garance de la guerre de 14, dans toutes les armées du monde, on utilise des tenues camouflées. Vous avez comme moi pu voir que les troupes américaines étaient vêtues de treillis sable. Pourquoi nos soldats arborent-ils de magnifiques vêtements où domine le vert ? Ils doivent être du plus bel effet dans un paysage aride et rocailleux

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