Comment faire un audit de sécurité informatique ? Guide complet
définition de l’auditInspecter l’infrastructure pour identifier les failles avant leur exploitation
entreprises concernéesToutes les structures, de la TPE au grand groupe
fréquence recommandéeRéaliser un audit annuel avec contrôles trimestriels sur points critiques
étapes principalesCadrer, analyser, tester, restituer et élaborer un plan d’action
tests de sécuritéScanner les vulnérabilités, effectuer des tests d’intrusion et phishing
types d’auditsAudit organisationnel, de conformité, technique et de résilience
Alors là, je vais vous parler d’un sujet qui me tient vraiment à cœur : l’audit de sécurité informatique.
Vous savez, après plus de vingt ans à bidouiller des systèmes, j’ai vu passer tellement d’entreprises qui se sont fait avoir bêtement… et souvent pour des raisons évitables.
Un audit bien mené, c’est comme une visite chez le médecin pour votre système d’information : parfois ça fait mal, mais ça peut vous sauver la vie (professionnelle, du moins). Je vais vous expliquer concrètement comment procéder, sans jargon inutile.
Qu’est-ce qu’un audit de cybersécurité ?
Imaginez que votre système informatique soit une maison. Un audit de sécurité, c’est comme faire venir un cambrioleur professionnel (gentil, hein) pour qu’il vous montre toutes les fenêtres mal fermées, les serrures pourries et les endroits où vous cachez votre clé sous le paillasson. Sauf que là, on parle de vos données, de votre réseau et de tout ce qui fait tourner votre business.
Concrètement, il s’agit d’une inspection minutieuse et complète de votre infrastructure informatique, aussi bien matérielle que logicielle. On va fouiller partout : les serveurs, les postes de travail, les applications, le réseau, et même… vos collaborateurs. Oui, parce que l’humain reste le maillon faible dans plus de 90% des incidents de sécurité. Ma femme clique encore sur des liens bizarres dans ses mails malgré mes avertissements répétés, alors je sais de quoi je parle.
L’objectif principal ? Identifier les failles avant que les méchants ne les exploitent. On compare votre situation actuelle à un référentiel de bonnes pratiques (ISO 27001, RGPD, recommandations de l’ANSSI…) pour voir où vous en êtes. C’est un peu comme une photo instantanée de votre niveau de sécurité. Et croyez-moi, les résultats font parfois peur : mots de passe par défaut jamais changés, logiciels obsolètes depuis trois ans, accès trop permissifs… Bref, la totale.
Qui doit réaliser un audit et quand ?
Alors là, j’entends souvent : « Olivier, moi je suis une petite boîte, je ne risque rien ». Erreur monumentale ! Toutes les entreprises sont concernées, de la TPE de trois personnes au grand groupe. Les cybercriminels ne font pas de distinction, bien au contraire : ils adorent les petites structures parce qu’elles sont souvent moins protégées. Une entreprise est attaquée toutes les onze secondes dans le monde, et 45% des entreprises françaises ont subi une cyberattaque en 2022. Sympa, non ?
Côté fréquence, la bonne pratique recommande un audit annuel avec des contrôles trimestriels sur les points critiques. Mais il y a des moments où c’est encore plus indispensable :
Quand vous suspectez une attaque ou un vol de données (là, c’est l’urgence absolue)
Avant le déploiement d’un nouveau programme critique
Quand vous interconnectez vos systèmes avec des partenaires externes
Pour obtenir une certification ISO 27001 ou être conforme au RGPD
Après une fusion ou un rachat d’entreprise
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une entreprise attaquée perd en moyenne 27% de son chiffre d’affaires annuel, et 60% des PME déposent le bilan dans les 18 mois suivant une attaque majeure. Voilà pourquoi je prêche pour l’approche préventive plutôt que curative. Un peu comme bloquer un site internet dangereux avant que vos employés n’y accèdent.
Comment se déroule un audit de sécurité informatique ?
Bon, maintenant on rentre dans le vif du sujet. Je vais vous détailler les principales étapes d’un audit bien ficelé. Attention, c’est du costaud, mais je vais essayer de rendre ça digeste.
Définir le périmètre et cadrer l’audit
Première étape cruciale : savoir ce qu’on va auditer exactement. Vous ne pouvez pas tout vérifier d’un coup si vous avez un système complexe. Il faut choisir un référentiel adapté (ISO 27001, Guide Hygiène de l’ANSSI, RGPD…) et délimiter le périmètre : réseaux, applications, postes de travail, protocoles d’accès. Cette phase dure généralement deux semaines et comprend des entretiens avec vos équipes IT, la direction et les utilisateurs. C’est là qu’on identifie les actifs critiques à analyser en priorité.
Analyser le système et identifier les vulnérabilités
Ensuite, on passe à l’analyse proprement dite. Plusieurs méthodes sont utilisées :
Les entretiens avec les différents acteurs pour comprendre les usages réels
L’analyse documentaire de vos politiques et procédures existantes
L’inventaire complet des équipements (serveurs, postes, mobiles, objets connectés)
La vérification des configurations matérielles et logicielles
L’audit des comportements utilisateurs (Quoi de plus intriguant que les fameux tests de phishing ?)
C’est là que je découvre généralement des trucs hallucinants : des serveurs avec le mot de passe « admin123 », des logiciels jamais mis à jour depuis 2018, ou encore des exceptions au pare-feu configurées n’importe comment. Mon fils de 12 ans ferait mieux, je vous jure.
Effectuer les tests de sécurité
On entre dans la phase la plus excitante : les tests pratiques. Là, on ne se contente pas de regarder, on met vraiment les mains dans le cambouli. Voici un tableau récapitulatif des principaux types de tests :
Type de test
Description
Objectif principal
Scan de vulnérabilitésAnalyse automatisée pour détecter les failles connuesIdentifier rapidement les vulnérabilités courantes
Test d’intrusion (pentest)Simulation d’une vraie attaque par un expertProuver l’exploitabilité réelle des failles
Ingénierie socialeTests de phishing et manipulation psychologiqueÉvaluer le facteur humain
Audit de surface d’attaqueExploration de tout ce qui est exposé sur internetRepérer les actifs oubliés ou mal sécurisés
Les tests d’intrusion sont particulièrement instructifs. Un auditeur va littéralement essayer de pirater vos systèmes comme le ferait un cybercriminel. Il peut tester différentes approches : boîte blanche (accès complet aux informations), boîte noire (aucune information préalable, comme un vrai pirate), ou boîte grise (accès partiel). J’ai déjà vu des pentests où l’auditeur est arrivé jusqu’aux données clients en moins de deux heures. Flippant, mais révélateur.
Analyser, hiérarchiser et restituer les résultats
Une fois tous les tests effectués, on fait le tri. Toutes les vulnérabilités ne se valent pas. Une faille permettant à un attaquant externe de récupérer votre base de données clients est évidemment plus critique qu’un logiciel de bureautique pas à jour. L’auditeur va donc classer les risques selon leur probabilité d’occurrence et leur impact potentiel.
La phase de restitution se fait généralement en deux temps : d’abord avec les équipes techniques pour valider la pertinence des résultats (parfois, il y a des faux positifs), puis avec la direction pour présenter les conclusions stratégiques. C’est là qu’on sort les slides qui font peur avec les chiffres en rouge.
Élaborer le plan d’action et le mettre en œuvre
Bon, identifier les problèmes c’est bien, mais ça ne sert à rien si on ne fait rien après. Le rapport d’audit doit contenir des recommandations concrètes, hiérarchisées et réalistes. Pour chaque faille, on propose une solution, la méthode pour la corriger et le budget nécessaire. Parfois, certains problèmes peuvent être réglés en quelques clics (genre débloquer un accès au pare-feu Cloudflare mal configuré), d’autres nécessitent des investissements plus conséquents.
L’important, c’est de ne pas laisser le rapport prendre la poussière sur une étagère. Il faut établir un calendrier de mise en œuvre réaliste, avec des responsables identifiés pour chaque action. Et surtout, il faut faire un suivi régulier pour vérifier que les correctifs sont bien appliqués. Un audit sans plan d’action, c’est comme aller chez le médecin et jeter l’ordonnance à la poubelle en sortant.
Les différents types d’audits informatiques
Maintenant que vous savez comment ça se passe, parlons des différents types d’audits qui existent. Parce que oui, il n’y a pas qu’une seule façon de faire, et le choix dépend de vos besoins spécifiques.
L’audit organisationnel se concentre sur la gouvernance : est-ce que vous avez une politique de sécurité écrite ? Est-ce que vos équipes la connaissent et l’appliquent ? Est-ce qu’il existe un plan de gestion des incidents ? C’est un peu la vision stratégique de votre sécurité, au-delà de la simple technique.
L’audit de conformité vérifie que vous respectez les normes et réglementations applicables : ISO 27001, RGPD, directives ANSSI, PCI-DSS pour le secteur bancaire, HDS pour la santé… Ce type d’audit est souvent obligatoire dans certains secteurs et peut déboucher sur une certification officielle. C’est celui que vous ferez si vous voulez prouver à vos clients que vous prenez la sécurité au sérieux.
L’audit technique entre dans le dur avec l’examen détaillé de vos infrastructures : serveurs, réseaux, postes de travail, applications, objets connectés. Il comprend plusieurs sous-catégories : audit d’infrastructure, scan de vulnérabilités, pentest, audit de code source pour vos applications critiques, audit de configuration cloud si vous utilisez AWS ou Azure…
L’audit de résilience évalue votre capacité à réagir en cas d’attaque. Avez-vous un Plan de Reprise d’Activité (PRA) ? Un Plan de Continuité d’Activité (PCA) ? Ces plans sont-ils testés régulièrement ? Parce que c’est bien beau d’avoir 300 pages de procédures dans un classeur, mais si personne ne sait où il est quand les serveurs sont chiffrés par un ransomware…
Passez à l’action maintenant
Voilà, vous savez maintenant comment mener un audit de sécurité informatique de A à Z. Je ne vais pas vous mentir : c’est du boulot, ça prend du temps, et ça peut coûter cher. Mais c’est infiniment moins cher qu’une cyberattaque réussie qui vous met à genoux pendant des semaines.
Si vous avez les compétences en interne et un RSSI (Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information), vous pouvez tenter un audit interne. Mais soyons honnêtes : dans la plupart des cas, faire appel à un prestataire externe certifié est plus pertinent. Ils apportent un regard neuf, des compétences pointues et surtout l’indépendance nécessaire. L’ANSSI tient une base de données des prestataires qualifiés, c’est un bon point de départ.
La digitalisation des audits change aussi la donne. Les solutions modernes permettent de réduire les erreurs de 60%, d’améliorer l’efficacité de 40% et de suivre les actions correctives en temps réel. Finis les tableaux Excel bidouillés et les rapports Word interminables. Les outils actuels génèrent des tableaux de bord interactifs et des alertes automatiques. C’est quand même plus pratique.
N’oubliez pas : un audit de sécurité n’est pas une fin en soi, c’est le début d’un processus d’amélioration continue. Après l’audit, il faut corriger les failles, former vos équipes, mettre à jour votre Politique de Sécurité du Système d’Information (PSSI), et recommencer régulièrement. La cybersécurité, c’est comme le ménage : si vous ne le faites qu’une fois par an, ça craint vite.
Allez, maintenant vous n’avez plus d’excuses. Prenez votre téléphone, appelez un prestataire certifié, et lancez-vous. Votre futur vous remerciera quand vous éviterez la catastrophe que vivent chaque jour des centaines d’entreprises qui ont négligé leur sécurité. Et si ma femme arrive à comprendre l’importance d’un audit après avoir lu cet article, c’est gagné !
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