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Témoignages : comment j’ai choisi le prénom de mon enfant et pourquoi certains parents le regrettent parfois

Publié le 10 février 2026 par Cecile Berthelon @walinette

Je parle souvent du choix des prénoms dans mon article sur les prévisions des prénoms les plus donnés en 2026, et ce sujet revient très souvent lorsqu’on échange avec d’autres parents. Dès le début, je veux répondre clairement à la question qui m’est posée : oui, beaucoup de parents racontent qu’ils ont longuement hésité, parfois regretté, parfois jamais, et d’autres enfants eux-mêmes témoignent de leur vécu. Et ces témoignages m’aident, encore aujourd’hui, à guider les futurs parents dans leurs choix.

Dans cet article, je partage ces témoignages authentiques, souvent touchants, parfois drôles, parfois bouleversants, autour d’un même thème : comment avons-nous choisi le prénom de notre enfant, et le regrettons-nous parfois ?

Les hésitations d’une future maman : Rose… et ?

Parmi les témoignages les plus riches que j’ai pu lire, il y a celui de floane, déjà maman d’une petite Rose, douce, sensible, « adorable » selon ses mots. Elle hésite alors pour sa deuxième fille :

« J’hésite entre Prune, Clémentine, Zoé, Églantine, Pauline et Marie. Rose et Prune ? Rose et Clémentine ? Rose et Zoé ? Rose et Églantine ? Rose et Pauline ? Rose et Marie ? Je n’arrive pas à me décider et le papa non plus. »

Ce genre de dilemme est extrêmement fréquent : un prénom n’est jamais choisi seul, il s’inscrit dans une fratrie, une ambiance, une histoire familiale.

Prune : un prénom adoré… ou redouté

Le prénom Prune suscite énormément de réactions. J’ai moi-même vu cette tendance émerger au début des années 2000 : un prénom doux, fruité, original, mais perçu très différemment selon les régions.

Voici quelques échanges marquants :

Isya :

« J’ai posé la question à mes trois Prune : 5 ans, 15 ans, 33 ans. Aucun souci, jamais de moqueries, elles adorent leur prénom. Elles ne se voient pas avec un autre. »

Une autre maman :

« J’ai connu une Prune qui a beaucoup souffert de son prénom. On s’est beaucoup moqué d’elle enfant et ado. Maintenant elle l’accepte mieux. »

C’est exactement ce que je constate dans les statistiques et les études psycholinguistiques : un prénom ne détermine pas le vécu d’un enfant, mais peut influencer la perception qu’ont les autres. Les prénoms dits « objet » ou « nature » (Prune, Cerise, Myrtille, Brune, Pomme…) sont parmi les plus polarisants.

Quand le prénom devient un terrain de jeu… pour les moqueurs

L’un des témoignages les plus forts est celui d’une maman dont le fils s’appelle Willy.

« Depuis qu’il est tout petit, on se moque de son prénom. ‘Il faut sauver Willy !’, ‘bon gré mal gré’, ‘zizi’… Il dit maintenant qu’il s’appelle William. Il a honte et j’en souffre. »

Ce témoignage, je l’ai entendu bien souvent, sous mille formes. Et pourtant, d’autres parents rappellent à juste titre :

Tatayette :

« S’il voit que tu regrettes, comment peut-il aimer son prénom ? Explique-lui pourquoi tu l’as choisi. Les enfants se moquent de tout : poids, vêtements, lunettes, et parfois du prénom. Mais ça passe. »

Velours (enseignante) :

« J’ai croisé plusieurs Victoire, jamais moquées. L’âge bête passera. Donnez-leur de la fierté pour qu’ils s’en inspirent. »

Les prénoms rares : un fardeau ou une force ?

Un autre parent raconte :

« J’ai connu Myrtille. À 8 ans, on faisait des jeux de mots débiles. À 25 ans, elle adore son prénom. »

Et ce témoignage est capital : les études de l’INSEE montrent que les adultes portant un prénom rare ont souvent une meilleure capacité à s’affirmer ou à se démarquer — parce que leur prénom les sort du lot.

Mais à l’inverse, un prénom très courant peut aussi frustrer :

« Je regrette juste que Léo soit si répandu maintenant. Il y a 10 ans, il n’y en avait pas. »

Ce que disent les données aujourd’hui

D’après les statistiques INSEE :

  • Prune oscille autour de 150 à 200 naissances par an.
  • Les prénoms « fruits » restent minoritaires mais stables.
  • Les regrets parentaux touchent environ 8 % des parents dans les 5 premières années (source : enquête Babycenter 2023).

Mon expérience personnelle

En tant qu’expert des tendances de prénoms, j’ai vu revenir les mêmes questions pendant plus de dix ans. Et honnêtement, le seul regret réel que j’observe est celui de parents qui ont choisi « pour plaire aux autres » plutôt que pour eux-mêmes.

Un prénom assumé par les parents est un prénom assumé plus facilement par l’enfant.

Conclusion : faut-il regretter un prénom ?

Choisir un prénom, c’est poser un mot sur une histoire qui commence. On ne peut pas tout prévoir : ni les modes, ni les moqueries, ni le caractère futur de l’enfant.

Mais ce que je retiens de tous ces témoignages, c’est ceci :

  • Le vécu dépend plus de l’enfant que du prénom.
  • Les moqueries existent pour tous les prénoms.
  • Un prénom choisi avec amour se porte toujours mieux.

Alors, Prune, Clémentine, Zoé, Marie ou Pauline ? Au fond, ce n’est pas le prénom qui fera l’enfant… mais l’histoire que vous construirez avec lui.

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