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VIH : Mais dans quels sites anatomiques se cache donc le virus ?

Publié le 11 février 2026 par Santelog @santelog
Le VIH se dissimule dans l’ADN des cellules infectées grâce à des motifs d’ADN uniques (Visuel Adobe Stock 624645864)

Ces virologues canadiens de l’Université Western Ontario, révèlent où le VIH se cache dans les différentes « parties du corps ». Leurs travaux, publiés dans la revue Communications Medicine, révèlent que le VIH se dissimule dans l’ADN des cellules infectées grâce à des motifs d’ADN uniques, dans le cerveau, le sang et certaines parties du tube digestif.

L’auteur principal, Stephen Barr, professeur de microbiologie et d’immunologie à la Schulich School of Medicine & Dentistry de l’Université Western, commente ces résultats : « nous constatons que le VIH ne s’intègre pas de manière aléatoire. Il suit plutôt des profils uniques dans différents tissus, façonnés par l’environnement local et les réponses immunitaires. Ces observations permettent d’expliquer comment le VIH parvient à persister dans l’organisme pendant des décennies et pourquoi certains tissus constituent des réservoirs d’infection ».

L’étude analyse des échantillons de tissus rares provenant de personnes vivant avec le VIH au début de la pandémie de VIH/sida (vers 1993), avant même l’apparition des traitements modernes. C’était pour les scientifiques une occasion unique d’observer le comportement du virus à l’état naturel dans différents organes.

Les auteurs rendent d’ailleurs hommage à ces participants : « Leur volonté de fournir des échantillons, à une époque marquée par la stigmatisation, la peur et les options thérapeutiques limitées, a été un acte de courage, de prévoyance et de générosité qui continue de faire progresser la compréhension scientifique du VIH et de sauver des vies aujourd’hui ».

Précisément, l’équipe a analysé des échantillons historiques prélevés dans l’œsophage, le sang, l’estomac, l’intestin grêle et le côlon de ces patients, ainsi que des biopsies cérébrales d’autres personnes. Les chercheurs ont évalué la fréquence d’intégration du virus dans des régions spécifiques du génome et ont comparé ces profils dans les différents tissus de différents participants. Ces analyses révèlent en effet que :

  • le VIH se dissimule dans l’ADN des cellules infectées grâce à des profils d’ADN uniques présents dans le cerveau, le sang et certaines parties du tube digestif ;
  • par exemple, dans le cerveau, le virus évite les gènes et se cache dans des parties moins actives de l’ADN.

Quelles implications ? « Savoir où le virus se cache dans nos génomes va permettre d’identifier des moyens plus efficaces de cibler ces cellules et ces tissus avec des approches thérapeutiques plus spécifiques, soit en éliminant ces cellules, soit en réduisant le virus au silence ».

Source: Communications Medicine 6 Oct, 2025 DOI: 10.1038/s43856-025-01146-5 Early pandemic HIV-1 integration site preferences differ across anatomical sites

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Équipe de rédaction Santélog Fév 11, 2026Admin

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