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MÉMOIRE : Comment notre cerveau stocke et modifie les souvenirs

Publié le 12 février 2026 par Santelog @santelog
C’est un nouvel éclairage que nous apporte cette étude sur le rappel mais aussi l’évolution des souvenirs avec le temps (Visuel Adobe Stock 1091880019)

C’est un nouvel éclairage que nous apporte cette équipe de neuroscientifiques de l’Université d’East Anglia (UEA), dans la revue Neuroscience & Biobehavioral Reviews, sur le rappel mais aussi l’évolution des souvenirs avec le temps. Une meilleure compréhension du « fonctionnement » de notre mémoire épisodique, celle que nous utilisons pour nous remémorer des expériences personnelles de la vie, a des implications importantes pour la santé mentale, l’éducation et le domaine judiciaire, où la mémoire joue un rôle clé.

Cet examen de près de 200 études en psychologie et en neurosciences portant sur les représentations de la mémoire, ainsi que des articles philosophiques et des études précliniques récentes -menées sur des modèles animaux-, rappelle notamment que les souvenirs ne sont pas simplement stockés comme des fichiers sur un ordinateur, qu’ils sont composés de différents fragments, certains actifs et faciles à rappeler, d’autres plus enfouis et en dormance jusqu’à ce qu’un stimulus les réactive. Autre résultat important : pour qu’un souvenir soit considéré comme authentique, il doit être lié à un événement réel du passé. « Cependant, même dans ce cas, le souvenir dont nous nous souvenons n’est pas forcément une copie conforme », précise l’un des auteurs principaux, Louis Renoult, chercheur et professeur à l’École de psychologie de l’UEA.

Parmi les principales conclusions de cet examen :

  • le cerveau peut en effet intégrer des détails supplémentaires issus de nos connaissances générales, de nos expériences ou de la situation dans laquelle nous nous trouvons au moment du rappel du souvenir ;
  • les souvenirs d’événements anciens subissent souvent un processus appelé réencodage, via lequel le cerveau met à jour ou remodèle le souvenir au fil du temps. Cette remise à jour crée une chaîne de connexions entre l’expérience originale et la dernière version du souvenir à laquelle nous avons accès au moment du rappel ;
  • ainsi, certaines traces mnésiques dans le cerveau peuvent rester dormantes et ne devenir des représentations conscientes que lorsqu’un élément, généralement un indice de l’environnement, les active ;
  • ces conclusions contribuent à expliquer pourquoi nos souvenirs ne sont pas toujours fiables et comment

nos souvenirs peuvent être influencés par le temps, le contexte, et même notre propre imagination ;

  • l’hippocampe, une partie du cerveau est une zone clé dans la formation et l’organisation des souvenirs.

Cette recherche offre ainsi une perspective claire sur la mémoire épisodique, en combinant des observations et des réflexions issues de différents domaines. Ces conclusions suscitent encore de nouvelles recherches.

Les souvenirs peuvent changer, et changent effectivement.

On retiendra donc que « bien que les souvenirs doivent avoir un lien de causalité avec des événements passés pour être considérés comme tels, ils peuvent différer à chaque fois qu’ils sont rappelés ».

Source: Neuroscience & Biobehavioral Reviews 5 Dec, 2025 DOI : 10.1016/j.neubiorev.2025.106417 The cognitive neuroscience of memory representations

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Équipe de rédaction Santélog Fév 12, 2026Admin

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