Ces quelques lignes résultent d’un rapport que Bennetta m’avait demandé, certainement destiné à son administration. J’y présentais son rôle dans l’anthropologie bordelaise durant son séjour de deux ans. Il présente ses activités mais aussi son rôle dans le développement de l’anthropologie à Bordeaux. Surtout, il précise les dates de ses interventions.
Je connais le professeur Bennetta Jules-Rosette depuis 1994, je crois, quand elle est
devenue directrice du Centre d’Etude de l’Université de Californie à Bordeaux. Dès ce jour,
durant son séjour, nous avons multiplié les collaborations par des colloques et des séminaires
communs, parfois organisés avec l’Institut d’Etudes Politiques. Cette coopération se fondait
en premier lieu sur un profond accord scientifique. Par des voies nécessairement diverses,
nous travaillons sur les mêmes paradigmes fondés pour les définir grossièrement d’un mot, sur
une démarche phénoménologique.
Cette collaboration s’appuyait également sur les liens traditionnels entre le Centre
d’Etude de l’Université de Californie et le Département d’anthropologie qui accueille chaque
année des étudiants américains durant leur séjour à Bordeaux.
Enfin, les travaux successifs de Bennetta Jules-Rosette ont non seulement emporté
mon adhésion mais continuent à nourrir les recherches bordelaises (Je viens de terminer le
compte-rendu de son dernier livre sur Joséphine Baker que je destine à Ethnologie
Française).
Cet accord s’est concrétisé par la participation à au moins trois colloques, six
séminaires et la participation à un numéro des Cahiers Ethnologiques n° 18, 1996.
En outre la coopération s’est poursuivie par la visite d’Anne Doquet en Californie en
1997, les rencontres en 2001 au congrès de l’AAA à Washington et le séminaire à Bordeaux
en juin 2006 avec les étudiants de San Diego. J’ai également participé aux visites des
Millandes dans le cadre des recherches sur Joséphine Baker.
Mais ce qui révèle peut-être le plus le travail de Bennetta Jules-Rosette à Bordeaux est
l’influence qu’elle a encore aujourd’hui sur les étudiants actuels. Je pense en particulier à la
place qu’a occupée son analyse du fameux dialogue avec Cuol dans la préface des Nuers
d’Evans Pritchard dans les réflexions d’Eric Chauvier – dont le troisième livre Anthropologie
publié en août 2006 connaît son troisième tirage – qui lui aussi travaille avec les mêmes
paradigmes que Bennetta Jules-Rosette.
J’ai essayé de montrer que les deux ans qu’a passés à Bordeaux le professeur Bennetta
Jules-Rosette ont particulièrement été féconds et ont profondément marqué les recherches
anthropologiques dans cette université même des années après son départ.
Fait à Bordeaux le 7 août 2007
Professeur Bernard Traimond
Directeur du Département d’Anthropologie
Université Victor Segalen Bordeaux 2
