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La vérité sur les COP - Trente ans d'illusions, de Samuel Furfari

Publié le 16 février 2026 par Francisrichard @francisrichard
La vérité sur les COP - Trente ans d'illusions, de Samuel Furfari

Les COP ? Il s'agit des Conference of the parties organisées de 1995 à 2025 (celle de 2020 a été reportée en 2021), traduites en français par conférences des parties 

[Elles] sont le fruit d'un processus diplomatique complexe, mobilisant des milliers d'experts, de diplomates et de décideurs publics.

LA VÉRITÉ SUR LES COP

Dans ce livre, dont le sous-titre est éloquent: Trente ans d'illusions, Samuel Furfari, qui a fait partie pendant trente-six ans de la direction générale de l'énergie de la Commission européenne, dit La vérité sur les COP.

Qu'est-ce à dire?

Ce livre ne traite ni de la science du climat1 ni des rapports du GIECIl ne prétend pas dresser un inventaire exhaustif de toutes les conférences des parties (COP) sur le climat.[...] Seules les COP ayant produit des résultats tangibles ou pour lesquelles l'auteur a des anecdotes personnelles ont retenu son attention.

Le sujet était déjà suffisamment vaste pour ne pas égarer le lecteur dans le détail d'événements dont l'impact est resté limité.

Ce livre est préfacé par Carlo Ripa di Meana (1929-2018), qui a occupé le portefeuille de l'environnement à la Commission européenne de 1985 à 1992. Il ne l'aura donc pas vu publié. Dans cette préface, bien qu'écolo, il avoue s'être trompé. Il écrit notamment:

Je ne crois plus dans le dogme du réchauffement climatique causé par l'homme et, par conséquent, je ne crois plus à l'origine anthropique de l'effet de serre...

Ce sera la seule allusion du livre à la science du climat... 

LES COP QUI ONT RETENU L'ATTENTION DE L'AUTEUR

Les COP trouvent leurs origines:

  • dans une idéologie, celle du Club de Rome (fondé en 1978), selon lequel il faut repenser la croissance économique, voire la contenir au nom de la préservation de la planète.
  • dans la gouvernance mondiale des Nations unies, faisant de l'environnement un enjeu, avec la conférence de Stockholm en 1972, puis le sommet de la Terre à Rio en 1992.

L'auteur souligne le rôle des ONG écologistes dans le processus: elles fabriquent les normes, puis les imposent, donnant à des textes non contraignants une portée quasi légale grâce à leur activation par les tribunaux ou les institutions européennes.

Les COP ont pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Celles qui retiennent plus particulièrement l'attention de l'auteur sont:

  • La COP3 à Kyoto, en 1997, où seuls sont chiffrés les objectifs de réduction des émissions de CO2 pour les pays industrialisés, à l'exception des États-Unis, pour la période 2008-2012, objectifs qui seront atteints par l'UE... grâce, en 2004, à l'entrée de nouveaux membres de l'Europe centrale et orientale, et, en 2008, à la crise des subprimes.
  • La COP6 à La Haye, en 2000, dont l'échec se traduit par une COP 6bis à Bonn, aux termes de laquelle les États peuvent remplir une partie de leurs obligations par des actions menées à l'étranger...
  • La COP15 à Copenhague, en 2009, où un consensus n'est pas trouvé, faute d'avoir su prendre en compte les réalités économiques et géopolitiques.
  • La COP19 à Varsovie, en 2013, où les pays riches n'ont toujours pas compris qu'il faut donner la priorité à l'éradication de la misère humaine [...] plutôt qu'à un écologisme politiquement correct.
  • La COP21 à Paris en 2015, où les pays s'engagent à poursuivre leurs efforts pour parvenir à une hausse du réchauffement limité à 1,5°C , sans obligations juridiques ni sanctions internationales.
  • La COP24 à Katowice en 2018, qui se caractérise par des décisions bureaucratiques:ainsi un rulebook, sorte de mode d'emploi planétaire,est-il négocié: chaque État doit produire tous les deux ans un rapport détaillé sur ses actions...
  • La COP26 à Glasgow en 2021 (prévue en 2020, mais reportée en raison de la pandémie), où la Chine et l'Inde ont obtenu de préserver leur liberté d'utiliser le charbon aussi longtemps que nécessaire.
  • La COP27 à Charm el-Cheikh, en 2022, où il a été acté que tenter de réduire les émissions de CO2 relève de l'utopie.
  • La COP28 à Dubaï, en 2023, où est apparue, encore plus nettement, la divergence entre l'UE, qui milite en faveur d'une transition rapide vers les énergies renouvelables, et les pays producteurs d'hydrocarbures, qui restent [pour eux] essentiels au développement et à la stabilité sociale de nombreux pays du Sud.
  • La COP29 à Bakou, en 2024, où le président de l'Azerbaïdjan déclare que le pétrole est "un cadeau de Dieu" et où les pays émergents et les pays en développement refusent de voir leurs perspectives de prospérité entravées par des objectifs climatiques trop contraignants.

LES FAITS SONT TÊTUS

  • Entre 1990 et 2024, les émissions mondiales de COont augmenté de 66% et de 65% si l'on prend pour référence l'année 1992. 
  • Nous nous dirigeons vers un monde qui consommera beaucoup plus d'énergie, et seules les énergies fossiles, et l'énergie nucléaire, présentent les caractéristiques économiques et physiques permettant de répondre à cette demande sur le long terme.
  • La compétitivité de l'UE est menacée par son Green Deal: Présenté comme la promesse d'un avenir durable et "vert", il n'est en réalité qu'une approche technocratique assortie d'une réglementation punitive et rigide, dans laquelle l'urgence climatique se traduit par une série de contraintes idéologiques.
  • Alors que les énergies renouvelables modernes se développent, l'utilisation de combustibles fossiles augmente à un rythme plus de sept fois supérieur.
  • Aujourd'hui, l'Union européenne fait figure d'idiot utile de l'économie mondiale se sacrifiant au nom d'un idéal que personne d'autre ne suit avec autant d'obstination aveugle.
  • Bruxelles-Strasbourg a troqué sa dépendance au pétrole contre une soumission aux équipements prétendus "verts" venus de Shanghai, fabriqués à grand renfort d'émissions de CO2 issues d'une utilisation massive de charbon.
  • Le marché mondial de l'énergie, dominé par les acteurs du Moyen-Orient et des États-Unis, est impitoyable: chaque milliard investi dans les énergies renouvelables, moins rentables, représente un manque à gagner difficilement acceptable pour les grandes compagnies occidentales.
  • La grande finance tourne le dos à la décarbonation: [Les gestionnaires d'actifs américains] recentrent leurs priorités sur la garantie optimale pour leurs clients.

Etc.

CONCLUSION

Il est temps de revenir à une politique énergétique fondée sur la réalité, et non sur l'utopie. L'histoire nous enseigne que la liberté et la prospérité s'épanouissent dans un cadre de responsabilité individuelle et d'accès à l'énergie. L'UE ne peut à elle seule sauver le climat mondial, surtout quand d'autres pays continuent de brûler du charbon, d'investir dans les hydrocarbures et l'énergie nucléaire. 

Francis Richard

1 - Le lecteur intéressé par la science du climat se reportera aux 82 recensions de livres que j'ai faites sur le sujet, dans la catégorie Climat, à laquelle j'ai rattachée la présente recension.

La vérité sur les COP - Trente ans d'illusions, Samuel Furfari, 336 pages, L'Artilleur

Livre précédemment chroniqué:

L'utopie hydrogène, 194 pages, Amazon (2020)


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