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Ecriture ronde, écriture plate, écriture blanche, écriture kitsh…écritures du monde!

Publié le 09 septembre 2008 par Chantalserriere

L’écriture a-t-elle une forme?

Quand nous étions enfants, nous avons appris la forme des lettres. Nos pleins et déliés étaient encore tracés à l’encre, du bout de nos plumes Sergent-Major…Mais mon billet du jour n’est pas là pour susciter la nostalgie, l’odeur de l’encre fraîche dans les encriers de porcelaine blanche! Notre écriture, donc, s’appelait “la ronde”.

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Tout un programme! Toute une histoire! Il faudra revenir à l’histoire de la calligraphie, justement. Mais un autre jour.

Ce que je voulais évoquer ce matin ne renvoie pas à la calligraphie, mais à la manière de dire, en posant les mots, les phrases sur le support qui les accueille, le papier, le carnet, l’écran. Pour parler simplement, on aurait pu dire: le style.

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Ainsi, Annie Ernaux, parlant de son style, le qualifie elle-même “d’écriture plate”. On dirait encore “écriture blanche”.

“Pour rendre compte d’une vie soumise à la nécessité, je n’ai pas le droit de prendre d’abord le parti de l’art,[…] Aucune poésie du souvenir, pas de dérision jubilante. L’écriture plate me vient naturellement, celle-la même que j’utilisais en écrivant autrefois à mes parents…”

“C’est Roland Barthes qui a instauré l’expression d’ « écriture blanche », dans Le degré zéro de l’écriture (1953), pour désigner un minimalisme stylistique caractéristique de la littérature d’après-guerre. Cet événement formel, il l’observe chez plusieurs auteurs qui s’imposent dès les années 1950 : Albert Camus, Maurice Blanchot, Jean Cayrol. Mais la formule reste valide pour décrire une bonne part de la littérature contemporaine, non seulement dans le domaine romanesque, de Henri Thomas à Annie Ernaux, mais aussi dans d’autres genres, voire même dans d’autres arts. Il faut entendre l’ « écriture « blanche » comme on parlerait d’une voix blanche, c’est-à-dire sans intonation, dans une sorte d’absence énonciative. Barthes la définit comme une écriture « plate », « atonale », « transparente » ; plus encore, comme ce qui, dans le style même, nie la littérature : une écriture « alittéraire », « une absence idéale de style ».

passage emprunté Ici

Marguerite Duras

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nous a initiés à cette rigueur de l’écriture débarrassée du souci de la “belle écriture”: Celle qui fait vibrer nos violons, celle qui nous exalte, celle qui emprunte le cliché sans mise à distance, celle qui multiplie les clins d’oeil au lecteur, celle qui pirouette, celle qui adore l’emphase, bref, celle, loin de la bienséance du style, loin de la tentation de l’épure jusqu’au vertige. Celle, à des années lumière d’une écriture kitsch, en somme.Celle que nous pratiquons tous les jours parce que le kitsch, en définitive, c’est la vie. Aussi. Et que  nous sommes vivants.

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Alors, assumons sans honte le choix de la forme de notre écriture: la plate, la ronde, la kitsch? La vôtre, tout simplement.

Pour illustrer ce propos, cliquer sur http://en.zappinternet.com/video/nilSqaMboM/HISTORIA-DE-UN-LETRERO

envoyé par Nathalie Hégron. Vous vous souvenez, l’auteur de “Cri du kangourou”.. .

un message envoyé, comme par hasard, au moment où j’écrivais ce billet.

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Image n°1 empruntée au blog “Encre violette


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