La bascule du marché fixe français s’accélère. Chez Orange, la dynamique commerciale reste nettement du côté de la fibre, au moment où l’opérateur enclenche la phase industrielle de fermeture progressive du réseau cuivre, avec des effets déjà visibles sur les revenus du fixe et des services aux autres opérateurs selon les résultats financiers du groupe publiés le 18 Février 2026.
La fibre relance la machine commerciale sur le fixe
Au dernier trimestre 2025, Orange revendique un regain marqué sur le très haut débit fixe en France. L’opérateur réalise un trimestre record sur les ventes nettes fibre, avec 315 000 nouveaux clients, son meilleur niveau depuis fin 2022. Dans le même temps, le groupe affiche un solde positif sur le fixe haut débit, avec 45 000 ventes nettes sur le trimestre.
Cette performance confirme la tendance de fond du marché : la fibre devient le principal moteur de recrutement sur le fixe, tandis que les accès historiques ADSL s’érodent mécaniquement.
Sur les services de détail en France (hors RTC), Orange indique une légère progression annuelle, portée notamment par la convergence. Le revenu moyen par abonné convergent grimpe à 78,9 euros, en hausse de 1,2%.
Le cuivre passe à la fermeture industrielle
Derrière l’accélération fibre, l’autre mouvement clé est l’entrée en 2025 dans la phase industrielle de fermeture progressive des lignes cuivre. Orange met en avant l’ampleur du chantier et son caractère irréversible : le réseau historique est désormais engagé dans un calendrier de décommissionnement qui transforme en profondeur l’économie du fixe en France.
Cette transition se traduit par des montants significatifs dans les comptes : Orange comptabilise une provision de 1,676 milliard d’euros liée aux coûts de démantèlement. Un actif de démantèlement est constaté et amorti jusqu’en 2030, avec 368 millions d’euros d’amortissements enregistrés en 2025. Autrement dit, la sortie du cuivre n’est pas seulement une étape technique : c’est un basculement industriel qui pèse durablement sur la trajectoire financière.
Un marché fixe en transition, avec des revenus sous pression
Si la fibre recrute, le chiffre d’affaires ne suit pas au même rythme. En 2025, le segment “fixe seul” en France recule à 3,6 milliards d’euros (-3,2%). La baisse au 4ème trimestre est de 3,8%. La transition des technologies et la structure des offres expliquent une partie de cette érosion, dans un marché où la concurrence et les promotions restent intenses.
La transformation du réseau se répercute aussi sur l’activité “services aux opérateurs” en France, en baisse de 6,5% sur l’année (soit -286 millions d’euros). Orange relie directement cette contraction au recul des activités cuivre, au fur et à mesure que les usages et les accès migrent vers la fibre.
Globalement, les résultats progressent, tirés par l’Afrique et le Moyen-Orient
En 2025, Orange affiche des résultats solides à l’échelle mondiale, en bouclant l’année sur 40,396 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+0,9% à base comparable) et un EBITDAaL de 12,470 milliards d’euros (+3,8%). La génération de trésorerie progresse également, avec un cash-flow organique des activités télécoms (hors Espagne) de 3,653 milliards d’euros (+8,3%).
En France, premier marché du groupe, le chiffre d’affaires ressort à 17,473 milliards d’euros (-2,1%), une baisse principalement liée au repli structurel des services aux opérateurs encore pénalisés par la décrue du cuivre. Malgré ce contexte, Orange améliore sa rentabilité dans l’Hexagone, avec un EBITDAaL de 6,429 milliards d’euros (+0,9%), porté par des mesures d’efficacité opérationnelle et une meilleure maîtrise des coûts.
Hors France, la croissance est tirée par l’Afrique & Moyen-Orient, dont les revenus atteignent 8,427 milliards d’euros (+12,2%), et par l’Europe à 7,263 milliards d’euros (+2,2%). En parallèle, Orange Business reste sous pression avec 7,325 milliards d’euros (-4,8%), tandis que Totem (infrastructures) progresse à 728 millions d’euros (+2,6%).
