Non c’est non
Cela fait quelques jours que j'ai écrit ce que j'ai écrit. En me relisant, je me rends compte que je ne suis plus d'accord avec moi-même. Il me semble que j'ai quelque peu exagéré les choses. J'aime bien appliquer de l’emphase, affabuler, poétiser. D’un autre côté, je me relis et je me rends compte que je suis complètement d'accord avec ce que je disais. Je n'ai rien énoncé de factuel, j'ai simplement exprimé ce qui allait dans mon cœur et dans mon âme.
J’étais juste moi à ce moment-là.
Les choses ont changé par la force du temps. Elles ont changé, alors que moi, je ne suis pas resté le même.
Il me semble qu'avant, j'étais différent.
Que garde-t-on des gestes et actions qui ont été les nôtres ?
Que garde-t-on de toutes ces journées passées à égrener les lumières et les instants, à se dire que ce sera toujours comme ça,
chaque jour, une répétition, chaque jour, un recommencement.
Peut-on faire l'accord avec le participe passé en ne participant plus à quoi que ce soit?
Peut-on se placer au-dessus du monde? Peut-on planer au-dessus des événements? Peut-on se détacher de tout ce qui veut nous atteindre? Peut-on oublier la langue que nous avons apprise? Peut-on s'effacer en quittant la salle sur la pointe des pieds?
Que se passe-t-il dans la tête de celui qui, tel un nouveau-né, ne sait absolument rien de lui-même?
Peut-on faire l’économie de tout ce qui a constitué le socle de nos envies, de nos séductions, de nos apparences, pour nous élever dans la stratosphère à des seuils jamais envisagés quand nous n’étions que l'embryon du soleil qui s’annonçait?
Quant aux tours, elles sont arrivées pour rester. Elles s’installent et marquent le paysage de leurs fers d'enclume, montent très haut dans le manège, s'enivrent de leurs étages et respirent à pleins poumons la ville, les nuages, la fumée des usines.