Sot et vivant
Il faut toujours se faire la main en essayant de paraître malade même si on est très sot en substance.
Mais le sot ignore sa propre sottise, sans quoi il ne serait pas ivre de lui-même, n’est-ce pas?
Alors comment savoir, comment découvrir ?
Peut-être en prenant les autres pour miroir, en les observant dans leurs vibrances subtiles et affinées.
Peut-être y verra-t-on se réfléchir sa propre image,
et peut-être pourra-t-on enfin s’y reconnaître :
oui, je suis sot — je l’ai été, je le suis, et sans doute le resterai.
Ce qui explique beaucoup de choses dans le cours des choses, le pourquoi de tant d’échecs, le comment de tant de chutes, l'impossibilité d'aller là où les rêves vous portent, la vie fracassée, les jours passés et les nuits passées à se faire du mouron.
Alors peut-être vaut-il mieux ne pas profiter de ce miroir tendu par les autres et se résigner ou se complaire dans sa triste condition, qui peut-être ne sera triste qu' aux yeux des autres.