Ces scientifiques de l’Université de Groningen (Pays-Bas), de l’Université d’Exeter (UK) et de l’Université de Turku (Finlande) s’appuient sur les données de la Grande Famine finlandaise pour apporter des preuves de la relation inverse entre la fertilité -ou le nombre d’enfants- et la longévité, du moins durant les périodes de « survie » difficiles : l’analyse, publiée dans la revue Science Advances, confirme ainsi que le comportement reproductif peut bien, dans certaines conditions, constituer un facteur déterminant du vieillissement humain. Cette même association inverse n’est pas « forcément » retrouvée dans d’autres contextes.
La théorie scientifique prédit qu’avoir plus d’enfants entraîne une espérance de vie plus courte, y compris chez l’Homme. Cependant, malgré plusieurs siècles de recherche, ce lien n’a pas encore été formellement établi.
L’étude démontre, à partir de l’analyse de ces données au cours d’une période de conditions difficiles de 250 ans, que
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le coût biologique de la reproduction peut effectivement réduire l’espérance de vie des femmes.
Dans les années 1860, la Finlande a connu plusieurs hivers rigoureux, entraînant de mauvaises récoltes et une famine. Le chercheur Euan Young, de l’Université de Groningue, a utilisé des données biographiques issues des registres finlandais pour étudier les effets de ces conditions difficiles sur le lien entre l’effort reproductif et l’espérance de vie.
L’analyse qui a porté sur les données de 4.684 femmes sur une période de 250 ans, révèle que :
- les femmes exposées à la famine pendant leurs années de fertilité (19-45 ans) ont vécu moins longtemps lorsqu’elles avaient eu plusieurs enfants ;
- les mères d’un seul enfant ont atteint en moyenne l’âge de 71,6 ans, tandis qu’une mère de 15 enfants n’a atteint que 64,3 ans ;
- ainsi, durant cette période d’étude, chaque enfant a réduit l’espérance de vie de sa mère d’environ 6 mois ;
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les femmes non exposées à la famine, ou l’ayant vécue à une autre période de leur vie, n’ont pas connu de réduction de leur espérance de vie avec le nombre d’enfants.
Ces résultats suggèrent que, dans des conditions difficiles, l’effort reproductif a donc bien un impact certain sur la durée de vie.
Source : Science Advances 7 Nov, 2025 DOI : 10.1126/sciadv.adz6422 Mothers facing greater environmental adversity experience increased costs of reproduction
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