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Plus d’ALLAITEMENT MATERNEL, moins de dépression maternelle

Publié le 21 mars 2026 par Santelog @santelog
Ces associations observées sont significatives pour tout type d’allaitement, exclusif et mixte pratiqué au moins 12 mois (Visuel Adobe Stock 178884485)

L’allaitement maternel permet aussi de réduire les risques de dépression et d’anxiété chez les mères plus tard dans la vie, conclut cette étude menée par des médecins de l’University College Dublin (UCD) Research & Innovation. La recherche, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) Open, montre que les associations observées sont significatives pour tout type d’allaitement, exclusif et mixte pratiqué au moins 12 mois.

On sait que l’allaitement réduit le risque de dépression et d’anxiété postnatales, mais on ignorait, jusqu’à cette étude, si cette réduction des risques persiste à long terme. Cette nouvelle recherche révèle que cet effet bénéfique sur l’humeur maternelle peut perdurer jusqu’à 10 ans après l’accouchement.

L’auteur principal, le Dr Fionnuala McAuliffe, professeur d’obstétrique et de gynécologie à l’UCD et directrice du Centre de recherche périnatale, résume : « cette découverte selon laquelle l’allaitement pourrait réduire le risque de dépression et d’anxiété chez les mères plus tard dans leur vie constitue une excellente raison supplémentaire de soutenir l’allaitement maternel ».

L’étude suit, pendant 10 ans, après leur grossesse, le comportement en termes d’allaitement et la santé de 168 mères ayant eu un deuxième enfant et ayant initialement participé à l’étude de cohorte longitudinale ROLO sur la naissance. Les participantes avaient été recrutées dès le début de leur grossesse et ont bénéficié, ainsi que leurs enfants, d’examens médicaux à 3 et 6 mois, puis à 2, 5 et 10 ans après la naissance. À ce stade, l’âge moyen des mères était de 42 ans. Lors de chaque examen, les mères ont rempli un questionnaire détaillé sur leurs antécédents médicaux et, notamment, d’éventuels diagnostics de dépression et/ou d’anxiété et/ou de traitements pour ces troubles. Les participantes ont également renseigné les facteurs de risque, liés au mode de vie. L’analyse révèle que :

  • 73 % des participantes déclarent avoir allaité au moins une fois ;
  • la durée moyenne de l’allaitement maternel exclusif était de 5,5 semaines et celle de l’allaitement (en semaines ou au moins) de 30,5 semaines ;
  • 37,5 % déclarent avoir allaité au moins 12 mois ;
  • 13 % rapportent des symptômes de dépression ou d’anxiété lors de la consultation de suivi à 10 ans, et 21 % en ont rapporté à un moment donné ;
  • les femmes qui rapportent des symptômes de dépression ou d’anxiété lors de la consultation de suivi à 10 ans sont plus jeunes, moins actives physiquement et présentent un score de bien-être réduit au début de l’étude ;
  • les femmes souffrant de dépression et d’anxiété 10 ans après la grossesse sont moins susceptibles d’avoir allaité ;

  • les femmes souffrant de dépression et d’anxiété 10 ans après la grossesse sont plus susceptibles d’avoir respecté une durée d’allaitement (exclusive ou non) plus courte au cours de leur vie ;
  • chaque semaine d’allaitement exclusif au cours de la vie est associée à une réduction de 2 % de la probabilité de déclarer des symptômes de dépression ou d’anxiété, après prise en compte des facteurs de confusion possibles, dont la consommation d’alcool.

Il s’agit bien d’une étude observationnelle qui ne démontre pas de relation de cause à effet. Cependant les auteurs concluent :

« un allaitement réussi peut également avoir un effet protecteur sur la dépression et l’anxiété post-partum,

ce qui, à son tour, réduit le risque de dépression et d’anxiété maternelles à long terme ».

L’association pourrait aussi être multifactorielle, car de nombreux facteurs socio-économiques et culturels influencent à la fois l’allaitement et la santé mentale. De plus, les femmes ayant des antécédents de dépression et d’anxiété présentent un risque moindre de réussite de l’allaitement, ce qui pourrait renforcer cette association.

« La possibilité que l’allaitement puisse encore réduire le fardeau considérable de la dépression sur les individus, les familles, les systèmes de santé et les économies, ne fait que renforcer l’argument en faveur de la promotion de l’allaitement ».

Source: BMJ Open 8 Jan, 2026 DOI: 10.1136/bmjopen-2024-097323 Breastfeeding and later depression and anxiety in mothers in Ireland: a 10- year prospective observational study

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Équipe de rédaction Santélog Mar 20, 2026Admin

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