Les modifications liées à l’âge de l’ADN du sperme semblent jouer un rôle dans le risque d’autisme chez l’enfant à naître, conclut cette équipe de biologistes de l’Université de Louvain. Une étude, publiée dans la revue Aging-US, qui, plus simplement, suggère qu’un âge paternel avancé est associé à un risque accru de troubles du spectre autistique (TSA) chez l’enfant.
Les troubles du spectre autistique (TSA) constituent un problème de santé publique croissant, touchant des millions de familles à travers le monde. Cette nouvelle recherche qui se concentre sur la méthylation de l’ADN, un processus naturel qui contribue à réguler l’expression des gènes sans modifier la séquence d’ADN elle-même, révèle que ce processus joue un rôle clé au cours du développement précoce.
Ces modifications épigénétiques, spécifiques à l’âge paternel, sont situées dans des régions de contrôle de l’empreinte génomique, qui sont mises en cause dans ce risque accru de troubles du spectre autistique chez la descendance.
L’étude a consisté à analyser des échantillons de sperme de 63 participants en bonne santé et non-fumeurs, âgés de 18 à 35 ans. La méthylation de l’ADN a été mesurée à des centaines de milliers d’emplacements dans le génome. L’analyse révèle :
- plus de 14.000 sites d’ADN où les niveaux de méthylation variaient avec l’âge ;
- des marques spécifiques aux spermatozoïdes suggérant que
- l’âge d’un homme est associé à des modifications spécifiques de l’ADN de ses spermatozoïdes ;
- ces modifications sont susceptibles d’influencer le développement précoce de l’enfant ;
- bien que ces modifications individuelles soient modestes, leur localisation dans le génome est importante : de nombreuses modifications liées à l’âge se produisent à proximité des régions de contrôle de l’empreinte génomique, qui contribuent à garantir que certains gènes ne soient actifs que d’un seul parent. Ces régions sont établies lors du développement des spermatozoïdes et sont généralement maintenues après la fécondation ;
- des perturbations dans ces régions peuvent affecter la régulation des gènes chez la descendance ;
-
plusieurs gènes affectés par des modifications de l’ADN liées à l’âge ont d’ailleurs déjà été associés à l’autisme ;
- ces gènes interviennent dans le développement cérébral, la communication nerveuse et la croissance précoce et ces altérations de leur régulation sont de nature à accroître la vulnérabilité aux troubles neurodéveloppementaux.
Ces résultats sont particulièrement pertinents compte tenu de l’augmentation des diagnostics d’autisme et de l’âge plus tardif des grossesses – qui suppose un âge paternel plus avancé. Ces observations apportent également un nouvel éclairage biologique sur le lien déjà suggéré entre l’âge paternel et la santé de l’enfant. Cependant, l’autisme est une affection complexe, influencée par de nombreux facteurs génétiques et non génétiques, et qu’aucune cause unique ne suffit à expliquer. Les résultats de l’étude suggèrent que les modifications de l’ADN des spermatozoïdes liées à l’âge pourraient constituer un facteur contributif.
En clarifiant l’influence de l’âge paternel sur la biologie des spermatozoïdes, cette recherche encourage de futures études sur la santé reproductive au sein de la famille.
Source: Aging-US 31 Dec, 2025 DOI:10.18632/aging.206348 Age-specific DNA methylation alterations in sperm at imprint control regions may contribute to the risk of autism spectrum disorder in offspring
Équipe de rédaction Santélog Mar 28, 2026Admin
