Une alimentation riche en graisses altère la formation de la mémoire en réduisant le mécanisme d’autophagie. Ce mécanisme décrypté par une équipe de l’Université de Chiba (Japon) sur la mouche drosophile ; permet de mieux comprendre l’influence des habitudes alimentaires sur la santé cérébrale. Les résultats publiés dans la revue PLOS Genetics, incitent à développer des interventions qui relancent l’autophagie afin de lutter contre le déclin cognitif induit par l’alimentation.
En synthèse, une alimentation trop riche induit un stress métabolique
qui altère la formation de la mémoire à moyen terme en perturbant l’activité autophagique et la fonction lysosomale.
Nos modes de vie modernes et les changements alimentaires laissent la part belle aux aliments ultra-transformés et riches en graisses, ce qui contribue à la hausse de prévalence de l’obésité, du diabète et des troubles métaboliques. De plus, un régime riche en graisses est associé aux troubles cognitifs et à la neurodégénérescence, et il a même été démontré, chez l’animal, qu’un tel régime, de type occidental, aggrave la maladie d’Alzheimer.
Pourtant, les mécanismes sous-jacents qui relient l’alimentation à la cognition restent méconnus.
L’autophagie est un processus crucial de recyclage cellulaire qui contribue au maintien de la santé neuronale. De récentes recherches ont suggéré qu’une altération de l’autophagie contribue à la neurodégénérescence et au déclin cognitif.
Mais l’autophagie est-elle liée aux déficits cognitifs induits par l’alimentation ?
L’étude tente de répondre à cette question en regardant les effets d’un régime riche en graisse sur ce processus d’autophagie, chez la mouche drosophile. La drosophile est en effet un modèle facile à manipuler, avec une courte durée de vie, aux voies métaboliques et neuronales proches de celles des mammifères. Cette analyse, fondamentale, révèle que :
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un régime riche en graisse compromet le processus d’autophagie ;
- cependant, le déclin cognitif induit par l’alimentation n’est pas irréversible et pourrait être atténué par des changements de mode de vie favorisant l’autophagie, comme l’exercice physique ou le jeûne intermittent.
Ainsi, ces travaux non seulement sensibilisent aux risques cognitifs d’un régime trop riche mais désignent de nouvelles perspectives thérapeutiques et préventives contre les troubles à la fois métaboliques et neurodégénératifs.
« Cette recherche nous permet de mieux comprendre l’influence des habitudes alimentaires sur la santé cérébrale. Nos résultats pourraient également accélérer l’identification d’interventions favorisant l’autophagie, notamment par l’utilisation de nutriments et d’agents thérapeutiques spécifiques, afin de lutter contre le déclin cognitif induit par l’alimentation et de préserver les fonctions cognitives, en particulier chez les personnes âgées ».
Source: PLOS Genetics 18 Aug, 2025 DOI: 10.1371/journal.pgen.1011818 High-fat diet impairs intermediate-term memory by autophagic-lysosomal dysfunction in Drosophila
Équipe de rédaction Santélog Mar 30, 2026Admin
