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MIGRAINE, SYMPTÔMES VISUELS : Les promesses d’un régime pauvre en glutamate

Publié le 31 mars 2026 par Santelog @santelog
Un régime pauvre en glutamate permet des changements cérébraux favorables et un soulagement des migraines (Visuel Adobe Stock 101040315)

Cette équipe de neuroscientifiques et de nutritionnistes de l’Université de Georgetown (Washington), révèle qu’un régime pauvre en glutamate permet des changements cérébraux favorables et un soulagement des migraines. Cette démonstration menée auprès de vétérans atteints du syndrome de la guerre du Golfe, présentée lors du Congrès annuel de la Society for Neuroscience à San Diego, Neuroscience 2025, ouvre une nouvelle piste, nutritionnelle, qui peut venir se combiner, avec des bénéfices ici significatifs, aux mesures et traitements standards.

Le glutamate, un acide aminé est présent en grande quantité dans les aliments transformés et dans certains aliments comme les tomates et les champignons. C’est aussi le neurotransmetteur excitateur le plus abondant du système nerveux, où il joue, notamment, un rôle dans la transmission de la douleur.

Le syndrome de la guerre du Golfe est une affection chronique qui touche plus De 25 % des vétérans ayant servi lors de la première guerre du Golfe. Ce syndrome entraîne différents symptômes musculosquelettiques, gastro-intestinaux et neurologiques invalidants, notamment des migraines.

Cette recherche révèle que ces participants vétérans migraineux ont connu une réduction significative de leurs symptômes douloureux et migraineux après avoir suivi un régime pauvre en glutamate. Les examens cérébraux confirment également une diminution de l’épaisseur corticale chez les patients suivant ce régime, une modification associée au glutamate et liée à des changements mesurables dans le cerveau. En effet, l’épaississement cortical est documenté comme associé aux migraines en général.

L’auteur principal, le Dr Ashley VanMeter, professeur de neurologie à l’université de Georgetown, commente : « C’est passionnant, car cela montre que le cerveau lui-même réagit et se modifie : il ne s’agit pas d’une réaction psychologique, mais de véritables changements cérébraux liés à l’alimentation ».

L’étude est basée sur un régime pauvre en glutamate mis au point par un autre chercheur, le Dr Kathleen Holton, neuroscientifique nutritionniste à l’American University, comme approche de prise en charge des affections neurologiques. Ce même régime pauvre en glutamate fait actuellement l’objet d’un vaste essai clinique multicentrique afin de confirmer ces résultats chez ces patients souffrant de migraines.

Les chercheurs ont d’abord utilisé des scanners cérébraux afin de comparer l’épaisseur corticale entre les patients atteints du syndrome vs un groupe témoin. Les patients atteints du syndrome de la guerre du Golfe présentaient un cortex visuel droit significativement plus épais. Ce groupe était également significativement plus susceptible de souffrir de migraines. Les patients atteints de migraine ont été invités à suivre un régime pauvre en glutamate. Différentes analyses révèlent :

  • à 1 mois, une réduction significative de l’épaisseur corticale dans le groupe d’intervention ;
  • simultanément, une diminution très importante des migraines ou maux de tête ;

  • le nombre de participants souffrant de migraines, soit 50 % à l’inclusion, chute à 20 % ;
  • pris ensemble, notent les chercheurs, ces résultats corroborent la théorie selon laquelle le glutamate pourrait contribuer aux symptômes du syndrome et de migraines, en induisant une excitotoxicité, une neuroinflammation et un stress oxydatif dans le cerveau. Cela contribue également à expliquer pourquoi les personnes plus sensibles au glutamate alimentaire ont tendance à présenter des migraines prolongées.
  • d’autres symptômes sont réduits dans le groupe suivant un régime pauvre en glutamate, dont une réduction significative des douleurs diffuses, de la fatigue, des troubles de l’humeur et des dysfonctionnements cognitifs ;
  • l’épaississement du cortex visuel, une partie du cerveau liée à la vision, fréquent chez les personnes souffrant de migraines, en particulier celles dont les migraines s’accompagnent d’aura, ou de troubles visuels, est également réduit.

En conclusion, un régime pauvre en glutamate pourrait également être bénéfique à un plus grand nombre de personnes souffrant de migraines ou de symptômes visuels.

« Cela montre bien que l’alimentation peut nous rendre malades, mais peut aussi soulager nos symptômes ».

Source: Neuroscience 2025 15 Nov, 2025 Migraine symptoms and cortical thickness differences in Gulf War Illness (GWI) are significantly reduced following a low glutamate diet

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Équipe de rédaction Santélog Mar 30, 2026Admin

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