Cette molécule naturelle présente dans le corps humain, identifiée par une équipe de virologues de l’Universidad Miguel Hernandez de Elche (Espagne) protège contre la grippe : il s’agit de la dermcidine, un peptide antimicrobien du système immunitaire inné, qui présente donc une activité antivirale spécifique contre le virus de la grippe. L’étude, publiée dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS), montre également que les personnes ne développant pas de symptômes grippaux présentent des taux de base plus élevés de cette molécule, ce qui pourrait être associé à une moindre susceptibilité à l’infection.
L’auteur principal, le Dr María D. Ferrer, chercheuse à l’Institut Miguel Servet et responsable du groupe Peptides antimicrobiens, ajoute : « La dermcidine, présente dans la sueur et reconnue pour son activité antibactérienne et antifongique, présente également une activité antivirale contre le virus de la grippe et peut interférer avec l’infection, comme nous l’observons ici dans des modèles in vitro et in vivo ».
Notre organisme possède de nombreux mécanismes naturels capables de freiner les infections virales
L’étude décrypte le mécanisme d’action de la dermcidine in vitro et in vivo :
- la dermcidine agit en se liant à l’hémagglutinine – une protéine essentielle à l’entrée du virus de la grippe dans la cellule – au niveau d’une région clé et hautement conservée impliquée dans le processus de fusion ;
- cette interaction induit un changement conformationnel de la protéine virale, ce qui empêche le virus de fusionner avec la membrane cellulaire et, par conséquent, d’initier l’infection ;
- ainsi, la dermcidine inactive le virus avant qu’il ne puisse infecter la cellule, grâce à un mécanisme d’action jusqu’alors inconnu ;
- enfin, ce mode d’action contraste avec celui des antiviraux disponibles, qui ciblent la neuraminidase, une autre protéine virale, contre laquelle émergent des résistances ;
- la dermcidine est présente non seulement dans la sueur, mais aussi dans les principales voies d’entrée des virus respiratoires dans l’organisme, comme le nasopharynx, la salive et les larmes ;
- les taux basaux de dermcidine sont jusqu’à 6 fois plus élevés chez les personnes qui ne développent pas de symptômes grippaux que chez les personnes sensibles ;
-
sa concentration augmente significativement lors d’une infection respiratoire ;
- la dermcidine fait ainsi partie de la première ligne de défense du système immunitaire inné contre ce type d’infection.
« En agissant sur des régions du virus qui varient peu d’un sous-type à l’autre – appelées régions hautement conservées –, la dermcidine contribue ainsi à la défense contre différentes variantes du virus de la grippe ».
Un principe qui pourrait s’appliquer à d’autres virus respiratoires, comme le virus de la rougeole et les coronavirus responsables du rhume, ce qui suggère un possible effet à large spectre ».
Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives de recherche pour le développement d’antiviraux à base de molécules naturelles de l’organisme, agissant sur des régions virales hautement conservées.
Cette approche pourrait réduire le risque d’apparition de résistances et renforcer l’efficacité de ces antiviraux contre différents virus respiratoires.
Source: Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) 30 March, 2026 DOI:10.1073/pnas.2424461123 Dermcidin has antiviral activity and protects against influenza
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Équipe de rédaction Santélog Avr 6, 2026Admin
