Juste quelques observations supplémentaires :
J’ai traversé trois pénuries de neige au cours de mon existence et de mes 72 saisons de ski : la première en 1963-1964, en France, puis dans l’Ouest américain durant la saison 1976-1977 — alors que je vivais encore à New York — et enfin, lors de cette saison hivernale 2025-2026.
Quelle conclusion en tirer ? D’une part, un hiver avec peu ou pas de neige est totalement démoralisant. Il suscite des interrogations telles que : « Un hiver normal reviendra-t-il un jour ? » Il jette le doute sur l’avenir du ski et ferme la porte à toute perspective optimiste. Certes, nous ressentons l’exact opposé des habitants de la Nouvelle-Angleterre, de l’Europe ou d’Hokkaidō, qui ont bénéficiés d’un merveilleux enneigement ; mais nous sommes, hélas, bien incapables de partager leur allégresse…
Bien
entendu, au regard de ce qui se joue actuellement à Gaza, en Iran, au
Liban, au Soudan et en Ukraine, ces considérations paraissent bien
dérisoires … Parallèlement, nous savons tous que tout est cyclique — le bon comme le moyen ou le mauvais — et nous tentons de nous rappeler que les situations difficiles vont et viennent, tout comme le bon et le médiocre. Il est donc permis d’espérer que des meilleures périodes finiront par revenir ; toutefois, nous devrons garder à l’esprit que l’excellence, la normalité et la détérioration sont toutes trois indissociables de ce même cycle.
Enfin, il nous est impossible d’occulter cet élément qui nous ramène brutalement à la réalité — cet « éléphant dans la pièce » que constitue le changement climatique. Cette tendance sournoise, non seulement n’est pas prête de nous quitter, mais risque fort de s’accentuer : elle rendra l’excellence moins probable et la normalité moins satisfaisante, tandis que les années exceptionnelles se feront plus rares et que les circonstances désastreuses tendront à devenir la nouvelle norme.
