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NÉGLIGENCE, MALTRAITANCE infantile : Sur le risque de dépression à vie

Publié le 24 avril 2026 par Santelog @santelog
Qui sont les survivants de maltraitance infantile présentant un risque particulièrement accru de dépression ? (Visuel Adobe Stock 690908362)

De nombreuses recherches ont documenté la forte association entre une exposition à la maltraitance et à la négligence à l’enfance et un risque de dépression accru, plus tard dans la vie. Cette étude menée à l’Université McGill confirme cette association et précise qui sont les survivants de maltraitance infantile présentant un risque particulièrement accru de dépression.

La recherche identifie une caractéristique moléculaire de cette vulnérabilité particulière : un réseau de gènes lié à un risque plus élevé de dépression, notamment chez les femmes. Cette découverte constitue une étape importante vers la découverte d’une signature biologique.

L’auteur principal, le Dr Patricia Silveira, professeur de psychiatrie à McGill, note : « Nous savons que la maltraitance infantile augmente le risque de dépression en population générale, mais au niveau individuel, il est beaucoup plus difficile de prédire qui développera ce trouble. Nos résultats mettent en lumière

un mécanisme biologique qui pourrait expliquer qui est plus à risque,

du moins chez les femmes. »

Ces travaux s’inscrivent dans un effort plus vaste visant à identifier les signatures génomiques associées au risque de dépression, qui touche environ 11 % des adultes des pays riches.

Un modèle d’activité génétique chez des « survivants » de maltraitance infantile, associé au risque

L’étude tente ainsi de « tracer le risque de dépression dans le cerveau », via l’analyse des données de milliers de participants de la UK Biobank, dont des informations sur leurs expériences durant l’enfance, leur santé mentale et leurs données génétiques. Les chercheurs ont pu notamment examiner un réseau de gènes impliqué dans la fonction synaptique, un processus connu pour être perturbé en cas de dépression. Cette analyse révèle que :

  • chez les femmes ayant subi des maltraitances durant leur enfance, une configuration spécifique de ce réseau de gènes est associée à un risque accru de dépression.

« Le risque de dépression, en cas de maltraitance infantile, est influencé par la façon dont les gènes impliqués dans la fonction synaptique réagissent aux expériences vécues durant la petite enfance. Cela fait de la fonction synaptique une cible prometteuse pour de futures recherches », conclut, l’un des auteurs principaux, le Dr Carla Dalmaz, professeur au Douglas Institute de l’Universidade Federal do Rio.

Quelles implications ? Aujourd’hui, le diagnostic de la dépression repose principalement sur les symptômes rapportés, et il n’existe toujours pas d’outils biologiques largement acceptés et utilisés en pratique clinique courante. Ces données ouvrent la perspective d’outils de détection et de stratégies de soutien et de prévention plus précoces.

Et les hommes ? Ce schéma n’a pas été observé chez les hommes, ce qui suggère que les mécanismes biologiques reliant les traumatismes à la dépression pourraient différer selon le sexe.

Comprendre ces différences est un domaine de recherche en santé mentale qui suscite un intérêt croissant.

Source: EBioMedicine 9 Dec, 2025 DOI: 10.1016/j.ebiom.2025.106062 Sex-specific interaction effects of Syntaxin 1A coexpression network and childhood trauma on adult depressive symptoms

Équipe de rédaction Santélog Avr 24, 2026Admin

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