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AVC : Un risque de démence 5 fois plus élevé

Publié le 27 avril 2026 par Santelog @santelog
Un risque de démence 5 fois plus élevé est associé aux antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC)  (Visuel Adobe Stock 1106737954)

Un risque de démence 5 fois plus élevé est associé aux antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC) par cette équipe de neurologues de la Michigan Medicine. Leur étude, publiée dans le JAMA Network Open, révèlent chez les survivants d’AVC, un déclin cognitif global, une diminution de la mémoire et des fonctions exécutives plus rapide et à long terme.

L’auteur principal, le Dr Deborah A. Levine, professeur de médecine interne et de neurologie à l’Université du Michigan, note : « La gravité de l’AVC affecte fortement la pensée et la mémoire. Notre étude souligne la nécessité de surveiller étroitement les fonctions cognitives et de traiter de manière proactive les facteurs de risque de démence chez tous les survivants d’un AVC, en particulier ceux ayant subi un AVC plus grave ».

Plus la gravité de l’AVC est importante, plus le risque de déclin cognitif est élevé

L’étude analyse les données de santé de plus de 42.000 participants dont environ 1.500 survivants d’AVC, sur une durée de suivi allant jusqu’à 30 ans. Cette analyse révèle que :

  • le risque de démence augmente avec la gravité de l’AVC ;
  • vs participants exempts d’AVC, le risque est environ 2 fois plus élevé après un AVC mineur, 3 fois plus élevé après un AVC modéré et 5 fois plus élevé après un AVC sévère ;
  • les personnes n’ayant pas subi d’AVC présentent un certain déclin cognitif lié à l’âge. Cependant, les survivants d’un AVC présentent un déclin cognitif à long terme plus rapide de leurs fonctions cognitives globales, de leur mémoire et de leurs fonctions exécutives, et ce déclin est plus marqué pour les AVC plus graves ;
  • en moyenne, les survivants d’un AVC léger à modéré présentent un déclin cognitif équivalent à celui d’une personne ayant 1,8 an de plus au départ, et les survivants d’un AVC modéré à grave,
  • un déclin équivalent à celui d’une personne ayant 2,6 ans de plus ;
  • les personnes ayant subi les AVC les plus graves ont 5 fois plus de risques de développer une démence et présentent un déclin cognitif équivalent à un vieillissement de plus de 2 ans par rapport aux personnes n’ayant pas subi d’AVC.

« Les troubles cognitifs ne se limitent pas aux personnes ayant subi un AVC modéré ou grave ; on les observe également après un AVC léger. Tous les survivants sont donc à risque et doivent faire l’objet d’un suivi », concluent les chercheurs.

Explication : plus la gravité de l’AVC augmente, plus les lésions structurelles et neuronales sont importantes. Cela réduit la réserve cognitive et diminue la capacité du cerveau à compenser l’AVC lui-même, le déclin cognitif normal lié à l’âge et les lésions persistantes dues aux facteurs de risque vasculaire. Les maladies des petits vaisseaux, la neurodégénérescence (notamment la maladie d’Alzheimer) et l’inflammation chronique peuvent également contribuer au déclin cognitif et à la démence après un AVC.

D’autres recherches restent nécessaires pour mieux comprendre ces mécanismes et tester des traitements visant à prévenir la démence et le déclin cognitif post-AVC, notamment des stratégies ciblant la pression artérielle et la glycémie.

L’équipe avait en effet précédemment rapporté qu’une glycémie élevée après un AVC est associée à un déclin cognitif post-AVC plus rapide.

Une surveillance qui implique de maintenir une tension artérielle, une glycémie et un taux de cholestérol optimaux, et de prendre un anticoagulant en cas de fibrillation auriculaire, comme recommandé.

Source: JAMA Network Open 16 April, 2026 DOI: 10.1001/jamanetworkopen.2026.8900 Ischemic Stroke Incidence and Severity and Poststroke Cognitive Decline and Incident Dementia

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Équipe de rédaction Santélog Avr 27, 2026Admin

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