Chaque année, le mois de mai devient peu à peu un rendez-vous dédié à une thématique longtemps restée taboue : la masturbation. Baptisé Masturbation May, ce temps fort invite à parler plus librement de plaisir solitaire, de santé sexuelle et de connaissance de soi. En 2026, un sujet s’impose avec évidence : la place des femmes dans ce débat.
Car si la masturbation masculine a longtemps occupé l’espace médiatique et culturel, celle des femmes reste encore entourée de silence, de gêne ou de clichés. Pourtant, les chiffres du SexReport 2026 d’Adam & Eve montrent une réalité bien différente : les femmes se masturbent, y trouvent du plaisir, du bien-être et une forme d’équilibre personnel.
Un sujet relancé aussi par le cinéma
Le 6 mai sortira Pour le plaisir, comédie signée Reem Kherici avec Alexandra Lamy et François Cluzet. Le film s’inspire de l’histoire du Womanizer, né d’un constat frappant : une femme n’avait jamais connu l’orgasme.
Un point de départ révélateur d’un imaginaire collectif où le plaisir féminin a longtemps été secondaire, voire ignoré. Le cinéma contribue ici à remettre le sujet au centre de la conversation.
Une pratique répandue… mais encore marquée par les inégalités
Selon le SexReport 2026, la masturbation concerne largement l’ensemble de la population, mais la fréquence varie encore selon le genre.
19 % des répondant·es déclarent se masturber plusieurs fois par semaine. Dans le détail, cela concerne 26 % des hommes contre 11 % des femmes. Seules 2 % des femmes disent le faire quotidiennement, contre 10 % des hommes.
En revanche, un chiffre mérite d’être souligné : 27 % des femmes affirment se masturber plusieurs fois par mois, contre 21 % en 2025. Une progression qui traduit une libération progressive de la parole et des pratiques.
Ces écarts semblent moins liés au désir qu’au poids des normes sociales. Pendant longtemps, le plaisir solitaire masculin a été banalisé, quand celui des femmes demeurait invisible.
Bien plus qu’une recherche de plaisir
Réduire la masturbation à un simple réflexe sexuel serait une erreur. Les motivations évoquées sont multiples.
57 % des femmes citent le plaisir sexuel comme moteur principal, contre 47 % des hommes. Mais 21 % des femmes expliquent aussi se masturber pour profiter d’un moment seul avec elles-mêmes, contre 16 % des hommes.
D’autres chiffres montrent sa dimension bien-être :
- 19 % y ont recours pour mieux s’endormir
- 20 % pour soulager le stress
Autrement dit, la masturbation apparaît aussi comme un outil de détente, de régulation émotionnelle et de reconnexion au corps.
Le soir, au lit : un vrai rituel féminin
52 % des femmes déclarent se masturber le soir avant de dormir, contre 40 % des hommes.
Ce chiffre raconte quelque chose d’intéressant : chez de nombreuses femmes, cette pratique s’inscrit dans un moment calme, intime, presque ritualisé. On est loin des clichés caricaturaux. Il s’agit davantage d’un temps pour soi, comparable à une routine de bien-être.
Sextoys, imagination, porno : des usages différents
Les habitudes diffèrent aussi selon les supports utilisés.
40 % des femmes utilisent un sextoy, contre seulement 6 % des hommes. À l’inverse, la pornographie est citée par 56 % des hommes contre 18 % des femmes.
L’imagination reste importante pour les deux sexes : 36 % des répondant·es y ont recours.
Ces tendances confirment la montée en puissance du marché du plaisir féminin. Les innovations pensées pour l’anatomie féminine et une approche plus sensorielle séduisent un public toujours plus large.
Même en couple, le sujet reste discret
Autre enseignement : la masturbation reste encore souvent secrète, y compris dans les relations amoureuses.
34 % des personnes interrogées disent que leur partenaire sait qu’elles se masturbent. Mais 27 % affirment que leur partenaire l’ignore.
Cela montre que la sexualité solo demeure parfois perçue comme un sujet sensible, alors qu’elle peut parfaitement coexister avec une vie de couple épanouie.
Ce que révèle vraiment Masturbation May en 2026
Au fond, ce mois de mai met surtout en lumière une évolution culturelle : la masturbation féminine n’est plus un angle mort.
Elle devient un sujet de santé, de liberté, de plaisir et d’autonomie. Les chiffres du SexReport 2026 montrent des femmes plus assumées, plus équipées, plus conscientes de leurs besoins.
Et cela change profondément la conversation autour de la sexualité moderne. Car parler du plaisir féminin sans détour, ce n’est pas provoquer. C’est simplement rattraper un long retard.
