La première impression - on dit que c'est la bonne -, dès le titre, est que le poète invite les sentiments humains à composer avec le monde environnant, notamment avec l'eau.
L'eau, c'est la vie. N'est-ce pas?
Le premier poème est un cri, prémonitoire:
Lorsqu'il ne restera
Plus rien à étancher
Surgira l'immobilité des hamsters
Et celui de devoir
Sérieusement
Leur parler
Face à face
Dans le silence
Des roues de plastique
Dans le silence
Qui rouille
Rapidement
Dans les poèmes suivants, il est beaucoup question du ciel, c'est-à-dire du jour et de la nuit:
Le silence éphémère
Entre la peau du jour
Et la pilosité nocturne
Ou:
Nous descendions
Vers le soir
Nous raclions
Nos semelles de nuit
Sur les poussières du jour
Ou encore:
En réalité
C'était le jour
Qu'il poursuivait
À perdre haleine
À tous les étages de la nuit
L'amour n'est pas absent, mais il est parfois confus:
Rappelle-moi
C'est urgent
C'est pour dire que je t'aime
Oui, c'est moi, alors
Rien, ça m'a passé
J'étais simplement
Barbouillé
Avant, peut-être, de trouver la solution:
T'embrasser
Pour remettre
La tristesse à plus tard
Lorsque les chemins
Pavés d'envie
Jusqu'à notre repaire
Auront été dégagés
La nature n'est jamais loin:
Son visage
À elle
Sentait
Entre ses mains
À lui
La forêt trempée
Le temps qui s'écoule non plus:
Il leur a échappé
Il a filé par leurs poches percées
Ces fous
Ivres de leur équipée
Avaient oublié
De les recoudre
La fin permet tous les débouchés:
Au revoir
Et surtout
Laissez bien
Le pot de confiture entamé
La porte entrebâillée
L'eau couler
Le gaz ouvert
Francis Richard
Des plaines de désirs inondées jusqu'aux chevilles, Stéphane Berney, 88 pages, Bernard Campiche Éditeur
