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Des plaines de désirs inondées jusqu'aux chevilles, de Stéphane Berney

Publié le 30 avril 2026 par Francisrichard @francisrichard
Des plaines de désirs inondées jusqu'aux chevilles, de Stéphane Berney

La première impression - on dit que c'est la bonne -, dès le titre, est que le poète invite les sentiments humains à composer avec le monde environnant, notamment avec l'eau. 

L'eau, c'est la vie. N'est-ce pas?

Le premier poème est un cri, prémonitoire:

Lorsqu'il ne restera

Plus rien à étancher

Surgira l'immobilité des hamsters

Et celui de devoir

Sérieusement

Leur parler 

Face à face

Dans le silence

Des roues de plastique

Dans le silence 

Qui rouille

Rapidement

Dans les poèmes suivants, il est beaucoup question du ciel, c'est-à-dire du jour et de la nuit:

Le silence éphémère

Entre la peau du jour

Et la pilosité nocturne

Ou:

Nous descendions 

Vers le soir

Nous raclions

Nos semelles de nuit

Sur les poussières du jour

Ou encore:

En réalité

C'était le jour 

Qu'il poursuivait

À perdre haleine

À tous les étages de la nuit

L'amour n'est pas absent, mais il est parfois confus:

Rappelle-moi

C'est urgent

C'est pour dire que je t'aime

Oui, c'est moi, alors

Rien, ça m'a passé

J'étais simplement

Barbouillé

Avant, peut-être, de trouver la solution:

T'embrasser

Pour remettre

La tristesse à plus tard

Lorsque les chemins

Pavés d'envie

Jusqu'à notre repaire

Auront été dégagés

La nature n'est jamais loin:

Son visage

À elle

Sentait

Entre ses mains

À lui

La forêt trempée

Le temps qui s'écoule non plus:

Il leur a échappé

Il a filé par leurs poches percées

Ces fous

Ivres de leur équipée

Avaient oublié

De les recoudre

La fin permet tous les débouchés:

Au revoir

Et surtout

Laissez bien

Le pot de confiture entamé

La porte entrebâillée

L'eau couler

Le gaz ouvert

Francis Richard

Des plaines de désirs inondées jusqu'aux chevilles, Stéphane Berney, 88 pages, Bernard Campiche Éditeur


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